L'Iran se dit prêt à rouvrir en deux jours le détroit d'Ormuz, sous conditions
information fournie par AFP 02/11/2026 à 13:00

Le président américain Donald Trump arrive pour prendre la parole lors d'un meeting électoral en vue des élections de mi-mandat au Five Flags Center de Dubuque, dans l'Iowa, le 1er novembre 2026. ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )

Alors que la menace d'une reprise de la guerre entre l'Iran et les Etats-Unis s'accentue, Téhéran s'est dit prêt lundi à rouvrir le stratégique détroit d'Ormuz en deux jours au lieu du plan initial de sept jours, sous conditions.

Après 40 jours de bombardements intenses et un accord qui a volé en éclats, les échanges via le Qatar, médiateur dans le conflit, se sont intensifiés ces derniers jours pour tenter de relancer les négociations dans ce conflit qui ébranle l'économie mondiale et fait flamber les cours du pétrole.

"Tout dépend" désormais de Washington, a lancé le porte-parole de la diplomatie Esmaïl Baghaï devant la presse à Téhran.

"La possibilité de mettre en œuvre ce plan en deux jours est un signe supplémentaire de la bonne foi de l'Iran", a-t-il estimé. "Si les demandes de Téhéran sont satisfaites, il serait possible de rétablir la sécurité dans le détroit d'Ormuz et de relancer le processus de négociation dans un délai très court".

Depuis le début de la guerre, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février, Téhéran revendique le contrôle du détroit et cible régulièrement des navires qui tentent de le traverser sans son autorisation.

En septembre, l'Iran avait présenté, via le Qatar, un plan en sept jours pour rouvrir la voie maritime mais le président américain Donald Trump l'avait rejeté, tout en laissant la porte ouverte à la poursuite de négociations indirectes.

Téhéran conditionne sa réouverture à un cessez-le-feu sur l'ensemble des fronts dans la région, au dégel de ses avoirs détenus à l'étranger, à la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi qu'à la fin du blocus naval américain contre ses ports.

Dimanche, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a complété les demandes de l'Iran dans une interview à la chaîne Al Jazeera, soulignant que Washington devait également accepter le "nouvel itinéraire convenu entre l'Iran et Oman pour le transit par le détroit d'Ormuz".

Il a également mentionné une réduction des effectifs militaires américains récemment déployés dans la région.

Riposte "immédiate"

Le président chinois Xi Jinping et le sultan d'Oman Haïtham ben Tariq se serrent la main à l'issue d'une cérémonie au Grand Hall du Peuple à Pékin, le 2 novembre 2026 ( POOL / TINGSHU WANG )

Cet été, les échanges de frappes avaient repris et l'Iran avait riposté en ciblant de nouveau les alliés de Washington dans la région, du Golfe à la Jordanie.

Si une accalmie militaire est observée depuis septembre, les États-Unis et Israël ont accru ces derniers jours leurs menaces, dans un contexte marqué par d'importants rendez-vous électoraux dans les deux pays.

Samedi, le président américain Donald Trump, qui se prépare à affronter de difficiles élections de mi-mandat, a déclaré qu'il lui restait à "s'occuper" d'un ou deux sites nucléaires en Iran.

La République islamique dément vouloir se doter de l'arme atomique, défendant son droit au nucléaire civil.

Et selon le média américain Axios, citant des sources américaine et israélienne, M. Trump s'est entretenu par téléphone avec Benjamin Netanyahu de l'opportunité et du moment opportun d'une intensification des opérations militaires.

D'après ces informations, le Premier ministre israélien sortant, qui se bat pour sa survie politique après des législatives très serrées, a insisté auprès du président pour qu'il frappe l'Iran immédiatement après le scrutin américain prévu mardi, tandis que le dirigeant républicain a émis le souhait de laisser les négociations suivre leur cours.

"Tout acte d'agression contre l'Iran, toute attaque militaire contre l'Iran, quel qu'en soit le moyen, fera l'objet d'une riposte puissante, immédiate et globale de notre part", a averti lundi Esmaïl Baghaï, après des mises en garde similaires du guide suprême et de l'armée.

Dans ce contexte, la Chine a assuré l'Iran de son soutien dans la "défense de sa souveraineté et de sa sécurité", à l'occasion d'une visite à Pékin de l'adjoint au secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Bagheri.

"Toutes les parties devraient (...) dans un esprit de raison et de pragmatisme privilégier une solution politique plutôt que de recourir une nouvelle fois à un conflit armé", a souligné le chef de la diplomatie Wang Yi.

Lundi également, le président chinois Xi Jinping a reçu le sultan d'Oman, également médiateur dans le conflit. Dans un communiqué conjoint, la diplomatie omanaise a livré le même message, exhortant "les États-Unis et l'Iran à s'engager sur la voie de la paix".