Ormuz rouvert, Trump dit à l'AFP qu'il ne reste pas de "points de blocage" avant un accord avec l'Iran
information fournie par AFP 17/04/2026 à 18:59

Un homme à moto passe devant un panneau faisant référence au détroit d'Ormuz, le 15 avril 2026 à Téhéran ( AFP / - )

Donald Trump a assuré vendredi, peu après l'annonce par l'Iran de la réouverture du détroit d'Ormuz, qu'il n'y avait pas de "points de blocage" pour conclure un accord de paix, dans des déclarations à l'AFP.

"Nous sommes très proches d'obtenir un accord", a dit le président américain, joint par téléphone. A la question de savoir s'il restait des désaccords entre les deux pays, le président américain a répondu par la négative.

L'Iran avait un peu plus tôt déclaré la réouverture complète du détroit d'Ormuz pendant la durée du cessez-le-feu, au moment où la trêve entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban se met en place, suscitant un prudent espoir de paix au Moyen-Orient.

L'annonce de Téhéran a été accueillie par une baisse de 10% du prix du pétrole et un rebond des Bourses européennes, après cinq semaines de guerre dévastatrices pour l'économie mondiale.

"En lien avec le cessez-le-feu au Liban, le passage de tous les navires commerciaux par le détroit d'Ormuz est déclaré entièrement ouvert pour la période restante du cessez-le-feu", a écrit sur X le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi.

Evolution du nombre de navires, notamment des tankers (pétroliers, méthaniers, etc.) passant par le détroit d'Ormuz chaque jour et ayant émis un signal via leur transpondeur, selon les données de Portwatch (FMI) ( AFP / Paz PIZARRO )

Pour autant, les navires militaires "restent interdits", selon la télévision d'Etat.

"Merci!", a immédiatement répondu le président américain dans une série de messages sur son réseau Truth social, affirmant unilatéralement que la République islamique s'était engagée à "ne plus jamais fermer" le détroit, par lequel transite en temps normal un cinquième des hydrocarbures de la planète.

Mais il a précisé que le blocus américain des ports iraniens demeurerait "totalement en vigueur" jusqu'à la fin des négociations.

Autre désaccord levé selon Donald Trump, l'uranium hautement enrichi, que l'Iran aurait accepté de céder. Des propos tenus jeudi et depuis non confirmés par le gouvernement iranien, qui a toujours démenti vouloir se doter de la bombe atomique.

- "Ca suffit!!!" -

Les tractations se poursuivent, sous l'égide du Pakistan, pour organiser une deuxième session de négociations entre Téhéran et Washington, après la première à Islamabad le week-end dernier. L'Iran exigeait une trêve au Liban comme condition à ce second cycle.

C'est en tout cas la première fois depuis le début des frappes israélo-américaines sur l'Iran, le 28 février, que les armes se taisent sur l'ensemble des fronts de la guerre.

De nombreux déplacés en profitaient vendredi pour regagner leurs foyers au Liban, dans le sud du pays ou la banlieue sud de Beyrouth, ignorant les avertissements du gouvernement israélien.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu qu'Israël n'avait "pas encore fini" le travail pour obtenir le désarmement du Hezbollah. L'armée israélienne reste présente au Liban, pendant la trêve, dans une bande de 10 km de profondeur depuis la frontière.

Mais Donald Trump, qui a arraché cette trêve de dix jours, a haussé le ton à l'égard de son allié: "Israël ne bombardera plus le Liban", a-t-il lancé. "Ils ont INTERDICTION de le faire de la part des Etats-Unis. Ça suffit!!!"

Une pelleteuse déblaye les décombres sur le site d’une frappe israélienne ayant visé un quartier de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 17 avril 2026 ( AFP / Kawnat HAJU )

Peu après, l'agence de presse nationale libanaise a toutefois fait état d'un mort dans une frappe israélienne dans le sud du Liban.

Israël n'avait pas réagi dans l'immédiat. Selon les termes de la trêve, il se réserve le droit de continuer à prendre pour cible le Hezbollah pour empêcher des attaques "planifiées, imminentes ou en cours".

- Embouteillage monstre au Liban -

La cessation des hostilités a débuté à minuit (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit qui a fait côté libanais près de 2.300 morts et jeté sur les routes plus d'un million de personnes.

Des fillettes agitent des drapeaux du Hezbollah tandis que des déplacés rentrent dans un quartier de la banlieue sud de Beyrouth après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu avec Israël, le 17 avril 2026 ( AFP / FADEL itani )

Dès jeudi, des tirs de célébration ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, selon l'AFP. Et vendredi, l'autoroute du sud s'est remplie d'une longue file de voitures, les toits chargés de matelas et de meubles.

Un embouteillage monstre s'est formé devant le pont de Qasmiyeh qui relie la région de Tyr (sud) au reste du pays. Endommagée la veille par des frappes israéliennes, la structure a été réparée dans l'urgence par l'armée libanaise.

Embouteillage sur une autoroute à l'entrée de la ville de Saïda, dans le sud d Liban, le 17 avril 2026, alors que des déplacés rentrent chez eux ( AFP / - )

"Nous sommes vainqueurs malgré les bombardements", affirme Mohammad Abou Raya, 35 ans. "L'important c'est de rentrer sur notre terre", ajoute à l'AFP ce père de trois enfants.

Jusqu'aux derniers instants avant l'entrée en vigueur de la trêve, des frappes ont eu lieu de part et d'autre.

Au moins 13 personnes ont été tuées, 35 blessées et 15 étaient portées disparues après des bombardements israéliens sur Tyr, quelques minutes avant la fin des combats, selon la municipalité.

Des habitants déplacés passent devant un immeuble détruit le 17 avril 2026 à Nabatieh, dans le sud du Liban ( AFP / MAHMOUD ZAYYAT )

Le Hezbollah, qui a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, a prévenu que ses combattants gardaient le "doigt sur la gâchette" et se méfiaient "de la traîtrise de l'ennemi".