L'Iran perplexe avant les discussions avec les USA information fournie par Reuters 03/02/2026 à 16:48
(Actualisé avec venue de Kushner)
par Parisa Hafezi, Maha El Dahan et Tuvan Gumrukcu
L'Iran n'est ni optimiste ni pessimiste avant les pourparlers prévus vendredi avec les Etats-Unis et il se prépare à tous les scénarios, sachant que la question de ses capacités de défense n'est pas sujet à négociations, a-t-on appris mardi de source diplomatique iranienne.
Des responsables iraniens et américains ont déclaré lundi à Reuters que leurs deux pays aborderaient la question du programme nucléaire de Téhéran lors de ces discussions prévues en Turquie. Le président américain Donald Trump, qui a ordonné l'envoi de renforts militaires dans la région après la répression du mouvement de contestation en janvier contre la république islamique en Iran, a prévenu que de "mauvaises choses" se produiraient certainement en l'absence d'accord entre les deux pays.
"On attend de voir si les Etats-Unis comptent aussi ou non mener des négociations substantielles et destinées à parvenir à des résultats", a dit la source iranienne.
Selon des sources iraniennes, Donald Trump entend aussi limiter le programme de missiles balistiques de l'Iran, que les responsables à Téhéran considèrent comme un pilier de la défense du pays.
Influent acteur régional, les Emirats arabes unis (EAU) ont exhorté Américains et Iraniens à parvenir à un accord, le Moyen-Orient ne pouvant se permettre un nouveau conflit selon eux.
"Je pense que la région a connu diverses confrontations calamiteuses", a dit Anouar Gargache, conseiller de la présidence des EAU, lors d'un colloque à Dubaï.
"Je ne pense pas qu'il nous en faille une autre mais j'aimerais assister à des négociations irano-américaines directes aboutissant à des compromis afin que nous n'ayons pas à connaître ces problèmes tous les jours", a-t-il ajouté.
Steve Witkoff, émissaire spécial américain, et Abbas Araqchi, ministre iranien des Affaires étrangères, doivent se retrouver vendredi à Istanbul.
Une source proche du dossier a déclaré que le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, participerait également aux discussions. La Maison blanche n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires sur l'agenda de Jared Kushner.
Un diplomate d'un pays de la région a dit que des représentants de divers pays, notamment l'Arabie saoudite et l'Egypte, participeraient aussi à ces pourparlers.
Un responsable d'un pays de la région a dit à Reuters que des puissances régionales telles que le Pakistan, l'Arabie saoudite, l'Egypte, le Qatar, Oman et les Emirats arabes unis seraient représentés à ces discussions au niveau ministériel.
Selon des sources iraniennes, Donald Trump a posé la semaine dernière trois conditions à une reprise des pourparlers: l'arrêt de l'enrichissement d'uranium en Iran; une limitation du programme de missiles balistiques de l'Iran; et l'arrêt du soutien aux groupes armés dans la région considérés comme des supplétifs de Téhéran.
L'Iran a constamment jugé ces trois exigences inacceptables, les considérant comme des atteintes à sa souveraineté, et deux responsables iraniens ont déclaré à Reuters que la question des missiles balistiques était plus épineuse que celle de l'enrichissement d'uranium.
(Avec Nayera Abdallah, Maha El Dahan,Jana Choukeir, Federico Maccioni et Parisa Hafeezi, rédigé par Michael Georgy, version française Bertrand Boucey, édité par Kate Entringer et Sophie Louet)