L'Iran intercepte deux navires cherchant à quitter le Golfe
information fournie par Reuters 22/04/2026 à 15:14

(Actualisé tout du long)

L'Iran a déclaré mercredi avoir arraisonné deux porte-conteneurs qui tentaient de quitter le Golfe via le détroit d'Ormuz et avoir aussi ouvert le feu sur un troisième navire, les premières interceptions de sa part depuis le début du conflit avec les Etats-Unis et Israël fin février.

Ces interventions ont été rapportées par l'agence de presse Tasnim, selon laquelle les Gardiens de la révolution iraniens ont averti que toute atteinte à l'ordre et à la sécurité de navigation dans le détroit serait considérée comme une "ligne rouge".

Les Gardiens de la révolution accusent le MSC Francesca, battant pavillon du Panama, et l'Epaminodes, battant pavillon du Liberia, d'avoir navigué sans l'autorisation requise et d'avoir manipulé les systèmes de navigation, mettant en danger la sécurité maritime.

L'Epaminodes a dit avoir été la cible de tirs à une quinzaine de milles nautiques au nord-ouest d'Oman. Il a dit avoir subi des dégâts au niveau du pont à la suite de tirs de mitrailleuses et de grenades RPG en provenance d'une vedette des Gardiens de la révolution, selon le service britannique de sécurité maritime UKMTO (United Kingdom Maritime Trade Operations) et des sources maritimes.

L'armateur grec Technomar Shipping Inc n'a pas pu être joint. L'équipage de l'Epaminodes est composé de 21 membres ukrainiens et philippins, selon la garde-côte grecque qui n'a pas été en mesure de confirmer l'arraisonnement du navire.

Selon des sources proches de la sécurité maritime, trois personnes se trouvaient à bord de la vedette ayant mené l'assaut et le capitaine du porte-conteneurs a déclaré qu'aucun contact radio n'avait été établi avant l'attaque et que son navire avait préalablement obtenu la permission de franchir le détroit.

Le MSC Francesca a pour sa part été la cible de tirs à environ huit milles nautiques du littoral iranien, son équipage est indemne et il n'a subi aucun dégât, selon l'UKMTO et les mêmes sources.

Son exploitant, MSC, premier groupe mondial de transport maritime de marchandises, n'a pas répondu dans l'immédiat aux demandes de commentaires de Reuters.

Un troisième navire, un porte-conteneurs battant pavillon du Liberia, a aussi subi des tirs dans le même secteur mais n'a pas été endommagé et a pu poursuivre sa route, selon les sources.

Aucune information n'a pu être obtenue dans l'immédiat sur la nature de la cargaison de ces navires.

L'Iran impose des restrictions sur le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz par où transite un cinquième du pétrole et GNL mondial en raison de la campagne de bombardements déclenchée le 28 février contre son territoire par les Etats-Unis et Israël.

Environ 130 navires passaient quotidiennement par le détroit d'Ormuz avant cette guerre. Il n'y en a plus que neuf environ en moyenne depuis le début du conflit, hormis un sursaut à une vingtaine lors de la brève réouverture de fait de cette voie maritime la semaine dernière par l'Iran, selon les données d'AXS Marine.

(Jana Choukeir, Jonathan Saul, Yannis Souliotis et Renee Maltezou, Jean-Stéphane Brosse et Bertrand Boucey pour la version française, édité par Blandine Hénault)