L'Iran dément avoir maltraité deux diplomates français
information fournie par Reuters 22/07/2026 à 10:47

Deux diplomates français que Paris accuse Téhéran d'avoir soumis à un "acte d'intimidation grave" n'ont pas été maltraités, a assuré mercredi un responsable du ministère iranien des Affaires étrangères, une assertion immédiatement rejetée par la France.

Selon Paris, qui a convoqué mardi le chargé d'affaires iranien pour protester contre cet incident "inacceptable", deux membres de l'ambassade de France ont été retenus dimanche pendant quatre heures, durant lesquelles ils se sont vu confisquer leurs téléphones, ont été privés de tout contact avec l'ambassade et verbalement intimidés, l'un d'eux, le conseiller culturel, ayant été malmené physiquement.

Cité mercredi par les médias de Téhéran, un responsable du ministère iranien des Affaires étrangères, Mohammad Tanhaei, a déclaré que les services de sécurité avaient interrogé deux membres de l'ambassade de France ayant tenu une réunion avec des individus visés par des enquêtes pour des raisons de sécurité.

"Les agents de sécurité ont transféré les deux individus à la police diplomatique dès qu'ils ont compris leur lien avec l'ambassade de France", a-t-il dit, assurant qu'il n'y avait pas eu d'acte d'intimidation.

Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a démenti cette version des faits, déclarant que les deux diplomates avaient rencontré un fournisseur de l'ambassade.

Les deux diplomates, qui sont attendus ce mercredi en France, "étaient dans l'exercice de leurs fonctions, dans un entretien professionnel", a déclaré Pascal Confavreux mardi sur BFMTV.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a averti son homologue iranien Abbas Araqchi que l'incident ne resterait pas "sans conséquence".

"La France attend des autorités iraniennes qu’elles fassent la lumière sur cet incident, qu’elles en punissent les auteurs et qu’elles assurent la sécurité de ses emprises et de ses agents, conformément à leurs obligations internationales", a déclaré le Quai d'Orsay en annonçant la convocation du chargé d'affaires iranien à Paris.

Dans un message publié mardi sur Telegram, Abbas Araqchi a déclaré que les agissements des deux diplomates étaient "non conventionnels et non professionnels", sans autres détails.

"Le respect des lois et règlements du pays hôte et l'adhésion aux principes et normes diplomatiques reconnus sont nécessaires à la poursuite des activités des missions étrangères", a-t-il dit.

"C'est le prolongement de pressions qui sont exercées depuis plusieurs mois, plusieurs semaines, sur nos actions de coopération culturelle qui sont perçues comme certains au sein du régime probablement comme des menaces", a estimé Pascal Confavreux.

(Elwely Elwelly à Dubaï et John Irish à Paris; Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Sophie Louet)