L'Iran affirme que les contacts pour mettre fin à la guerre se poursuivent
information fournie par Reuters 02/11/2026 à 18:24

(Actualisé tout du long avec détails et déclarations de responsables iraniens, chinois et russes)

Les contacts entre l'Iran et les États-Unis visant à mettre fin à leur conflit, qui dure depuis huit mois, se poursuivent, a déclaré Téhéran lundi, après que plusieurs jours de pourparlers entre l'Iran et des médiateurs qataris se sont soldés par des propositions amendées, mais sans avancée décisive.

"Les consultations par l’intermédiaire des médiateurs sont très intenses. Nous avons présenté nos conditions et nos propositions, et tout dépend désormais de la rationalité politique de Washington", a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, dans des propos relayés par l’agence de presse officielle IRNA.

Les négociateurs de Téhéran sont repartis dimanche de Doha, mais pas en raison de difficultés dans les pourparlers, a précisé un responsable au fait des discussions. Il a précisé qu'une autre réunion pourrait avoir lieu prochainement.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que les négociations s’appuyaient sur un plan en sept étapes élaboré par l’Iran en septembre pour rouvrir le détroit d’Ormuz et mettre fin au blocus naval américain contre l’Iran, Téhéran estimant que cette proposition pourrait être mise en œuvre plus rapidement dans le cadre d’un accord.

Le porte-parole, Esmaeil Baghaei, a indiqué que le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, s’était rendu à Doha pour faciliter l’échange de messages avec Washington par l’intermédiaire du Qatar.

“Nos exigences ont été formulées de manière très claire et transparente. Ces exigences sont raisonnables et logiques : aucun accord définitif ne peut être conclu, et le détroit d’Ormuz ne peut être rouvert ni sécurisé, tant que le blocus naval américain n’aura pas pris fin, que les exigences de l’Iran ne seront pas respectées et que ses demandes légitimes n’auront pas été prises en compte."

La chaîne qatarie Al Jazeera a rapporté samedi que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, avait déclaré que dans le cadre d’un accord, le détroit d’Ormuz pourrait être rouvert dans un délai de deux jours, au lieu des sept jours initialement envisagés.

La proposition initiale iranienne concernant ce délai de sept jours a été rejetée par le président américain Donald Trump.

LA CHINE ET LA RUSSIE APPELLENT LES USA À LA RETENUE

Après que les cours du pétrole ont chuté de près de 4 % lundi, portés par l’espoir que le dernier cycle de médiation puisse déboucher sur une solution diplomatique à la crise, des sources iraniennes ont déclaré qu’elles estimaient qu’une nouvelle attaque américaine restait plus probable qu’un accord.

Ce nouveau cycle de négociations au Qatar intervient alors qu'une escalade militaire est redoutée après les élections de mi-mandat qui se tiendront mardi aux États-Unis.

Interrogé sur le point de vue de Téhéran concernant ces élections, Esmaeil Baghaei a indiqué que Téhéran ne s’attendait pas à ce que celles-ci “donnent naissance à une nouvelle Amérique”.

Donald Trump a déclaré que les États-Unis ne lanceraient pas de nouvelles attaques contre l’Iran avant le scrutin et que les discussions avec Téhéran avaient été fructueuses, n'excluant toutefois pas de nouvelles actions militaires.

La Chine et la Russie se sont toutes deux prononcées lundi contre la possibilité d'une nouvelle action militaire dans une guerre qui a frappé l'économie mondiale.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a déclaré lundi que toutes les parties au conflit devaient privilégier les solutions politiques plutôt que de recourir à nouveau aux armes, à l’issue d’une rencontre à Pékin avec Ali Bagheri Kani, haut responsable iranien de la sécurité.

La Chine, grand client des produits énergétiques du Golfe, s’implique plus activement cette semaine dans la diplomatie au Moyen-Orient, en accueillant le sultan d’Oman, Haitham bin Tariq al-Said, dont le pays borde la partie sud du détroit d’Ormuz.

Wang Yi a également rencontré lundi à Pékin le conseiller à la sécurité nationale de l’Arabie saoudite, Musaed ben Mohammed al-Aiban, a indiqué le ministère chinois des Affaires étrangères, ajoutant que toutes les parties devaient œuvrer pour préserver la sécurité énergétique et celle des voies maritimes dans la région.

À Moscou, le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que les informations faisant état d’une nouvelle action militaire contre l’Iran étaient extrêmement préoccupantes et a appelé à redoubler d’efforts diplomatiques.

Le président russe Vladimir Poutine s’est entretenu par téléphone lundi avec le plus haut responsable iranien de la sécurité, Mohsen Rezaei, ont rapporté les médias d’État iraniens.

(Andrew Mills et Parisa Hafezi ; rédigé par Nayera Abdallah et Angus McDowall ; Avec la contribution de Marwa Rashad ; Version française Etienne Breban et Matthieu Huchet)