L'Iran a envoyé aux Houthis des commandants des Gardiens et des équipements-sources
information fournie par Reuters 23/07/2026 à 18:24

Un partisan des Houthis

par Maggie Michael et Parisa Hafezi

L'Iran a envoyé ce mois-ci ‌au Yémen des commandants des Gardiens de la révolution islamique, des conseillers militaires ainsi que des équipements pour missiles et drones, ont ​déclaré quatre sources, une démarche suggérant que Téhéran veut renforcer les capacités de ses alliés Houthis pour menacer le trafic maritime en mer Rouge, voie cruciale pour les livraisons énergétiques.

Selon ces quatre personnes informées de la question - dont deux sources iraniennes -, le ministre yéménite ​de l'Information et un analyste sécuritaire régional, l'Iran a transporté ces membres des Gardiens et les équipements militaires à bord d'un avion ayant quitté Téhéran à destination du Yémen ​le 13 juillet.

Dix à 21 membres des Gardiens de la révolution ⁠islamique, parmi lesquels deux commandants de haut rang, se trouvaient à bord de ce vol de la compagnie Mahan ‌Air, ont dit à Reuters les deux sources iraniennes.

L'avion devait initialement atterrir à Sanaa, capitale du Yémen contrôlée par les Houthis alignés sur l'Iran, mais a finalement été dérouté vers la ville portuaire de Hodeïdah ​après que l'aéroport de la capitale a été ‌attaqué par les forces gouvernementales yéménites soutenues par l'Arabie saoudite.

"Les commandants des Gardiens se sont ⁠rendus là-bas pour soutenir les opérations des Houthis et fournir des formations pour de nouveaux systèmes de missiles", a déclaré l'une des sources, selon laquelle Téhéran a aussi acheminé de l'or destiné à financer les activités de la milice chiite yéménite.

Aucun commentaire n'a été ⁠obtenu dans l'immédiat auprès du ‌ministère iranien des Affaires étrangères. Téhéran a régulièrement nié fournir aux Houthis des capacités de missile.

Sollicités pour ⁠un commentaire, deux représentants des Houthis n'ont pas donné suite dans l'immédiat. Le groupe a par le passé démenti être une ‌milice iranienne et assuré qu'il développait ses propres armes.

Reuters avait appris plus tôt ce mois-ci, de sources au fait ⁠de la question, que l'Iran avait demandé aux Houthis de se tenir prêts à bloquer ⁠le détroit de Bab el-Mandeb, à ‌l'extrémité sud de la mer Rouge, si les Etats-Unis mettaient à exécution leur menace de détruire des infrastructures énergétiques iraniennes.

Les Houthis ont ​annoncé cette semaine leur intention de bloquer les exportations pétrolières saoudiennes ‌en mer Rouge, disant reprocher à l'Arabie saoudite des attaques au Yémen et revendiquant jeudi avoir attaqué deux pétroliers.

Ces hostilités font planer une menace sur la ​trêve instaurée en 2022 entre les Houthis et Ryad, qui soutient le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et a lancé en 2015 une intervention militaire contre le mouvement chiite armé.

Des vols directs entre Sanaa et Téhéran ont été annoncés plus ⁠tôt ce mois-ci par les Houthis, qui ont déclaré vouloir ainsi contourner ce qu'ils ont dénoncé comme un blocus du Yémen imposé par l'Arabie saoudite.

Le ministre yéménite de l'Information, Moammar al-Iryani, a confirmé dans un entretien téléphonique à Reuters que des membres des Gardiens iraniens et des équipements ont été transférés. "Leur mission est de renforcer les capacités militaires de la milice et de la préparer à menacer la sécurité maritime internationale en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb", a-t-il dit, citant des renseignements.

(Parisa Hafezi ​et Maggie Michael; version française Jean Terzian)