L'Insoumis Sébastien Delogu se retire pour empêcher Marseille de "tomber dans les mains" de l'extrême droite
information fournie par AFP 17/03/2026 à 13:50

L'Insoumis Sébastien Delogu (c), candidat à la mairie de Marseille, annonce son retrait lors d'une conférence de presse à Marseille, le 17 mars 2026 ( AFP / Miguel MEDINA )

"Marseille ne doit jamais tomber dans les mains de ces gens-là": l'Insoumis Sébastien Delogu a finalement annoncé mardi son retrait face au "risque" d'une victoire du RN, rendant plus probable une réélection de Benoît Payan qui avait refusé toute alliance avec LFI.

Posant son parti de La France Insoumise (LFI) comme "le plus solide rempart" face au RN, le député des quartiers Nord de la deuxième ville de France, quatrième du premier tour des municipales avec 11,94% des voix, a une nouvelle fois déploré l'absence d'accord entre les deux listes de gauche.

Sans explicitement appeler à voter pour le maire sortant, Benoît Payan, à la tête d'une coalition gauche-société civile-écolos, il a demandé, l'air grave, à "toutes celles et ceux qui (nous) ont accordé leur voix à ne pas abandonner la lutte antifasciste et notre programme politique".

"Jamais je ne céderai un millimètre de terrain face à ceux qui veulent condamner la jeunesse marseillaise à la ségrégation et à la misère. Face à ceux qui criminalisent les populations de quartiers entiers dans notre ville et qui fracturent l'unité du peuple français. Face à ceux qui discriminent ceux qui n'auraient pas la bonne couleur de peau, la bonne religion ou la bonne origine", a asséné M. Delogu, 38 ans.

"L'objectif c'est dimanche qu'aucune voix n'aille au Rassemblement national. Il faut faire barrage au Rassemblement national", a après lui martelé Sébastien Barles, ex-adjoint écologiste de Benoît Payan qui a rallié le camp Delogu.

Lors de son allocution dans un café du centre-ville de Marseille, le député Inousmis a ensuite concentré ses critiques contre le maire divers gauche qu'il a qualifié "d'irresponsable" pour ne pas avoir accepté une fusion des deux listes.

"Face à l'irresponsabilité d'un homme, nous serons responsables pour un million" (près de 900.000 personnes vivent à Marseille, NDLR), a-t-il assuré.

Le chef des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, a lui sur X raillé "le sectarisme aveuglé de Benoît Payan et son arrogance" qui "n'ont pas empêché Sébastien Delogu et ses colistiers d'assumer la responsabilité de barrer la route à l'extrême droite à Marseille".

- "Catastrophe sociale" RN -

Car contrairement à d'autres villes en France comme Lyon, Brest ou Avignon où des accords ont été scellés entre socialistes ou écologistes et LFI pour barrer la route à la droite ou l'extrême droite, une telle option a rapidement été écartée à Marseille par Benoît Payan.

Arrivé en tête d'une courte tête (36,70%) devant le Rassemblement national (35,02%), l'édile de 48 ans avait dès dimanche soir rejeté la "main tendue" de LFI. "Cette main-là, elle m'a donné des coups de poing pendant des mois et au soir de se partager les places, elle deviendrait une main tendue?".

Pour couper court à toute discussion, il avait dès lundi matin, entouré de son équipe, déposé sa liste inchangée en préfecture.

Une manifestation avait rassemblé un millier de personnes environ lundi soir devant l'Hôtel de ville pour appeler à une fusion des deux listes, à laquelle ont participé plusieurs colistiers de M. Delogu ou encore le député ex-LFI désormais à l'Après Hendrik Davi.

Ce retrait du candidat Insoumis donne de l'air au maire sortant qui, selon plusieurs sondages d'avant premier tour était placé au coude-à-coude au second tour avec l'extrême droite en cas de quadrangulaire.

Dès l'annonce de ce retrait, il a "pris acte" dans un communiqué de la décision "difficile" de Sébastien Delogu, appelant au "rassemblement" face au RN qui mènerait la 2e ville de France, l'une des plus pauvres, à la "catastrophe sociale, culturelle, économique et morale".

Ce dernier s'est en revanche attiré les foudres de la droite, notamment du candidat RN Franck Allisio qui avait estimé dans la matinée que si Sébastien Delogu "ne dépose pas (de liste), c'est qu'il y a eu accord", l'accusant d'être "sous pression de l'extrême gauche".

La candidate de la droite et du centre, Martine Vassal qui, malgré un score historiquement faible (12,41%), a décidé de se maintenir pour le deuxième tour, a estimé sur X que "B. Payan choisit LFI. Marseille en danger. Accord secret, arrangements entre amis... Le masque tombe. Pour sauver sa place, B. Payan s’aligne sur les plus radicaux".