L'ex-directeur du FBI Comey accusé d'avoir menacé la vie de Trump information fournie par AFP 29/04/2026 à 00:10
L'ex-directeur du FBI James Comey, cible désignée de la vindicte de Donald Trump, a été de nouveau inculpé mardi, cette fois pour avoir menacé "la vie et l'intégrité physique" du président américain, selon l'accusation.
James Comey, 65 ans, est visé par deux chefs d'accusation délivrés par un jury de Caroline du Nord (sud-est) pour une photo publiée sur les réseaux sociaux en mai 2025, interprétée par l'administration Trump comme une "menace" envers le président.
Cette annonce intervient trois jours après des coups de feu au gala de la presse à Washington, dont le principal suspect a été inculpé lundi, notamment de tentative d'assassinat du président américain.
Donald Trump a limogé début avril sa ministre de la Justice Pam Bondi, à la suite notamment d'une série de piteux échecs de son ministère à poursuivre pénalement des cibles expressément désignées par lui. Il a nommé pour assurer l'intérim à ce poste stratégique Todd Blanche, jusqu'alors numéro 2 du ministère, qui est également un de ses anciens avocats personnels.
"Menacer d'attenter à la vie du président des Etats-Unis ne sera jamais toléré par le ministère de la Justice", a déclaré Todd Blanche lors d'une conférence de presse, soulignant que chacun des deux chefs d'accusation était passible d'une peine maximale de dix ans de prison.
Une juge fédérale avait annulé en novembre deux inculpations téléguidées par le président américain contre James Comey et contre la procureure générale de l'Etat de New York, Letitia James, en raison de la nomination illégale selon elle de la procureure qui avait engagé ces poursuites.
James Comey - brutalement limogé par Donald Trump en 2017 alors que le FBI enquêtait sur d'éventuelles ingérences russes dans la campagne présidentielle de 2016 - était accusé d'avoir menti sous serment en niant, en réponse à une question d'un sénateur, avoir autorisé son adjoint à être cité sous couvert d'anonymat dans les médias sur des enquêtes sensibles conduites par le FBI.
- "Président revanchard" -
Cette fois, il est poursuivi en lien avec un incident lié à la publication d'une photo sur Instagram en mai 2025, dans laquelle les autorités américaines, y compris Donald Trump, avaient affirmé voir une menace visant le président républicain.
James Comey avait partagé une photo, ensuite retirée, montrant des coquillages former le message "86 47" dans le sable, le premier nombre étant parfois utilisé pour signifier le souhait de faire déguerpir, voire de tuer, quelqu'un, le second pouvant se référer à Donald Trump, 47e président des Etats-Unis.
Cette image "serait interprétée par un destinataire raisonnable au courant des circonstances comme une expression grave de l'intention de porter atteinte au président des Etats-Unis", selon l'acte d'accusation.
Le principal membre démocrate de la commission judiciaire du Sénat, Dick Durbin, a déploré dans un communiqué une nouvelle attaque contre James Comey de la part d'un "ministère de la Justice instrumentalisé pour le compte d'un président revanchard".
Au moment des faits, James Comey s'était expliqué dans un message sur Instagram.
"J'ai publié plus tôt une photo de coquillages que j'ai vus ce matin lors d'une balade sur la plage, et j'ai estimé que c'était un message politique. Je ne m'étais pas rendu compte que certaines personnes associaient ces chiffres avec de la violence. Je n'ai jamais eu cela à l'esprit, mais je m'oppose à toute forme de violence, et j'ai donc retiré la publication", avait-il écrit.
Les autorités fédérales américaines avaient alors annoncé une enquête du Secret Service, chargé de la protection des hautes personnalités, sur cette "menace" formulée selon elles contre Donald Trump.
"Il appelle à l'assassinat du président", avait réagi Donald Trump.
Lors de sa première conférence de presse en tant que ministre par intérim, le 7 avril, Todd Blanche avait justifié les poursuites visant des cibles désignées par Donald Trump.
"Il y a des milliers d'enquêtes et de poursuites en cours dans ce pays actuellement et il est vrai que certaines concernent des hommes, des femmes et des entités avec lesquels le président a été en conflit par le passé, et dont il considère qu'ils doivent faire l'objet d'enquêtes", avait reconnu M. Blanche.