L'Espagne, l'Irlande et la Norvège vont reconnaître le statut d'État palestinien information fournie par Reuters 28/05/2024 à 09:07
L'Espagne, l'Irlande et la Norvège reconnaîtront officiellement mardi l'existence d'un État palestinien, malgré la colère d'Israël qui se trouve de plus en plus isolé sur la scène internationale après sept mois de conflit dans la bande de Gaza.
Au sein des Nations unies, 144 des 193 États membres reconnaissent un État palestinien, parmi lesquels la Russie, la Chine et l'Inde.
Madrid, Dublin et Oslo ont expliqué leur décision comme un moyen d'accélérer les efforts visant à obtenir un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.
Si cette décision est essentiellement symbolique, les trois pays espèrent qu'elle prendra de l'ampleur et incitera d'autres pays de l'Union européenne à leur emboîter le pas.
L'Espagne et l'Irlande seront les nations les plus importantes et les plus politiquement influentes de l'Union européenne à reconnaître un État palestinien, rejoignant au sein du bloc européen la Suède, Chypre, la Hongrie, la République tchèque, la Pologne, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie.
La Grande-Bretagne, l'Australie, ainsi que Malte et la Slovénie, tous deux membres de l'UE, ont indiqué ces derniers mois qu'ils pourraient suivre leur exemple.
La France a cependant déclaré que ce n'était pas le moment pour reconnaître le statut d'État palestinien. L'Allemagne s'est, elle, jointe à l'allié le plus fidèle d'Israël, les États-Unis, pour rejeter une approche unilatérale, insistant sur le fait qu'une solution fondée sur la coexistence de deux États ne peut être obtenue que par le dialogue.
"Nous espérons que cette reconnaissance et les raisons qui ont mené à cela, contribueront à ce que d'autres pays occidentaux suivent cette voie, car plus nous serons nombreux, plus nous aurons la force d'imposer un cessez-le-feu", a déclaré le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, le 22 mai.
Le conflit, déclenché après l'attaque meurtrière du Hamas dans le sud d'Israël le 7 octobre, a jusqu'à présent entrainé la mort de plus de 36.000 Palestiniens, selon le ministère de la Santé de Gaza.
Israël affirme que l'assaut du 7 octobre, le pire de ses 75 ans d'histoire, a fait 1.200 morts tandis que 250 personnes ont été prises en otage.
L'Espagne, l'Irlande et la Norvège vont reconnaître un État palestinien dont les frontières seront délimitées comme elles l'étaient avant 1967, avec Jérusalem comme capitale des deux nations.
Israël a réagi en rappelant ses ambassadeurs de Madrid, d'Oslo et de Dublin et en convoquant les ambassadeurs des trois pays pour leur montrer des vidéos d'Israéliens pris en otage par des combattants du Hamas.
Israël a également empêché l'Espagne de fournir des services consulaires aux Palestiniens de Cisjordanie, l'accusant de venir en aide au Hamas. En réponse, l'Espagne a intensifié ses critiques, qualifiant le conflit de Gaza de "véritable génocide".
L'Espagne a déclaré lundi qu'elle demanderait aux autres membres de l'UE de soutenir officiellement l'arrêt rendu la semaine dernière par la Cour internationale de Justice enjoignant à Israël de mettre fin à son assaut militaire contre la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.
(Reportage Charlie Devereux ; Version française Mathias de Rozario, édité par Blandine Hénault)