L'enseignante d'Evaëlle, qui s'est suicidée en 2019, condamnée en appel à un an de prison avec sursis information fournie par AFP 13/04/2026 à 14:50
La cour d'appel de Versailles a condamné lundi à un an de prison avec sursis l'enseignante d'Evaëlle, une collégienne de 11 ans qui s'était suicidée en 2019, pour harcèlement scolaire.
La cour a également condamné Mme B. à une interdiction définitive d'enseigner. Après la relaxe en première instance l'année dernière, les parents d'Evaëlle, en larmes à l'issue du délibéré, ont salué la décision d'appel, qui reconnaît l'existence du harcèlement de leur fille par sa professeure de français en classe de 6e au collège Isabelle-Autissier d'Herblay (Val-d'Oise).
L'enseignante, absente lors du délibéré, a également été reconnue coupable de harcèlement sur un autre élève.
Très émue, Marie Dupuis, la mère d'Evaëlle, a remercié la justice qui a levé "le voile sur la maltraitance des enfants par des professeurs", ajoutant que ce n'était qu'un début.
Lors du procès en appel en février, l'avocate générale avait requis 18 mois d'emprisonnement avec sursis à l'encontre de la professeure de 63 ans, qui selon elle "a franchi la ligne rouge, humiliant, rabaissant et stigmatisant, pas tous les élèves mais certains élèves qui sont choisis avec soin".
Devant la cour d'appel, la professeure de français s'était défendue d'avoir eu un comportement hostile.
"Il m'arrivait de répondre sèchement à des élèves mais je n'ai jamais ciblé un élève en particulier", avait déclaré très calmement à la barre l'enseignante.
Depuis son entrée en sixième au collège, les problèmes s'étaient multipliés pour Evaëlle, victime de violences et d'insultes de la part de ses camarades mais aussi de brimades et de mises à l'écart par sa professeure de français.
Pendant l'enquête, plusieurs élèves de la classe avaient raconté qu'Evaëlle était la cible récurrente de cette enseignante, qui lui faisait "beaucoup de remarques" et "lui criait souvent dessus".
Evaëlle, 11 ans, décrite comme "précoce", "atypique" et ayant "du mal à entrer dans le moule", s'est pendue dans sa chambre du pavillon familial en juin 2019.