L'élection de la seule maire RN d'Alsace annulée par la justice
information fournie par AFP 06/10/2026 à 14:30

Le tribunal administratif de Strasbourg a annulé mardi l'élection de Raphaële Schober comme maire de Wittelsheim, seule commune alsacienne conquise par le Rassemblement national en mars ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Le tribunal administratif de Strasbourg a annulé mardi l'élection de Raphaële Schober comme maire de Wittelsheim (Haut-Rhin), seule commune alsacienne conquise par le Rassemblement national en mars, avec 17 voix d'avance.

Le tribunal a retenu deux irrégularités qui ont "altéré la sincérité du scrutin et justifient, ainsi, l'annulation des opérations électorales de la commune, eu égard notamment au faible écart de voix entre la première et la deuxième liste".

Il a d'abord relevé que les bulletins utilisés au premier tour par une liste arrivée en troisième position ne mentionnaient pas la nationalité italienne d'un candidat "en méconnaissance des dispositions du code électoral qui prévoient cette obligation dans un objectif de complète information des électeurs".

De plus, il a considéré que des propos écrits sur Facebook par un candidat de la liste RN à la fin de la campagne "constituaient un élément nouveau de polémique électorale, intervenus trop tard pour que les adversaires politiques puissent y répondre utilement".

En mars, Raphaële Schober, ex-gendarme à la retraite, avait battu le précédent maire Yves Goepfert (centriste) par 17 voix d'avance, s'emparant de cette ville d'environ 10.000 habitants des environs de Mulhouse, première commune alsacienne conquise par le RN.

Arrivée largement en tête au premier tour, elle avait profité de l'échec des tractations en vue d'un éventuel front républicain, et du maintien de quatre listes au second tour.

Mais son élection avait fait l'objet de recours en annulation provenant de la préfecture du Haut-Rhin ainsi que de l'ancien maire.

Elle a désormais un mois pour décider si elle souhaite faire appel devant le Conseil d'État.

Dans un message transmis à l'AFP, Mme Schober a dit "respecter" le jugement du tribunal et précisé qu'"aucune décision n'est prise" sur un éventuel appel.

"Dans l'immédiat, ma priorité ne change pas : assurer la continuité de l'action municipale et continuer à exercer pleinement les responsabilités qui sont les miennes", a affirmé l'élue d'extrême droite.

Outre la décision de justice annulant l'élection, Mme Schober est confrontée à la fronde d'une partie de sa majorité qui lui reproche notamment un "immobilisme".

En cas d'appel, les conseillers municipaux proclamés élus restent en fonction jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué, a rappelé le tribunal administratif. Si l'annulation des élections devient définitive, de nouvelles élections devront être organisées dans un délai de trois mois.