L'économie américaine s'essoufflait avant la guerre information fournie par Boursorama avec AFP 13/03/2026 à 18:14
Les Etats-Unis ont fini l'année 2025 avec une croissance terne et débuté 2026 avec une inflation têtue, alors que la guerre au Moyen-Orient menace de peser tant sur l'activité que les prix.
Le produit intérieur brut (PIB) de la première économie mondiale n'a progressé que de 0,7% en rythme annualisé au dernier trimestre 2025, a rectifié vendredi le service statistique officiel BEA.
Il avait précédemment estimé la croissance à 1,4% sur la période.
Les Etats-Unis mettent en avant le rythme annualisé, qui projette sur l'ensemble de l'année l'évolution observée pendant trois mois.
Cette révision est une surprise pour les marchés, qui s'attendaient à ce que l'activité soit au contraire légèrement réévaluée à la hausse, selon le consensus publié par MarketWatch.
Le BEA explique que tous les contributeurs au PIB (exportations, consommation, investissements, dépenses publiques) avaient été surestimés.
Sur l'ensemble de 2025, le calcul change aussi: la croissance était de 2,1% (contre 2,2% précédemment).
Le PIB avait progressé de 2,8% en 2024, dernière année du mandat de Joe Biden.
L'estimation initiale du BEA, le 20 février, avait créé des remous dans le pays désormais dirigé par Donald Trump, car elle montrait déjà une performance nettement inférieure à celles des deux trimestres précédents.
Le président républicain, qui a promis un "nouvel âge d'or", avait imputé cette faiblesse soudaine à l'opposition démocrate.
Celle-ci a ferraillé avec le parti républicain autour du budget annuel, ce qui a provoqué une paralysie budgétaire ("shutdown") à l'automne, la plus longue de l'histoire du pays.
- Moral des consommateurs en berne -
Le BEA a aussi publié vendredi l'indice d'inflation (PCE) pour le mois de janvier.
En léger ralentissement (à 2,8% sur un an contre 2,9% en décembre), il reste supérieur à l'objectif de la Réserve fédérale (Fed), qui est de 2%.
Surtout, l'inflation sous-jacente (hors prix volatils de l'énergie et de l'alimentation) a de son côté accéléré en janvier, à 3,1% contre 3% le mois d'avant.
Un tel rythme d'inflation sous-jacente n'avait pas été observé depuis début 2024.
Le revenu réel des Américains s'est cependant amélioré en janvier (+0,7% sur un mois).
Toutes ces données témoignent d'une situation antérieure au déclenchement, le 28 février, par les Etats-Unis et Israël de la guerre contre l'Iran.
Le conflit embrase l'ensemble du Moyen-Orient, fait flamber les prix de l'énergie et les coûts de production.
Tout cela pèse sur les perspectives de croissance mondiale et rejaillit sur les consommateurs américains.
"La guerre en Iran a fait grimper le prix de l'essence de plus de 60 cents à la pompe" par gallon (3,78 litres), souligne dans une note Heather Long, l'économiste de la banque Navy Federal Credit Union.
"Cela affecte déjà les familles de la classe moyenne, poursuit-elle, et les prix des courses alimentaires, des billets d'avion et des produits manufacturés devraient également augmenter."
Selon un baromètre sur le moral des consommateurs, publié également vendredi, ceux-ci ont accueilli négativement le début de la guerre, du fait de l'impact rapide sur les prix dans les stations-service.
L'université du Michigan, à l'origine de cette enquête, note ainsi que les sondés interrogés avant le conflit faisaient état d'une "amélioration" mais que ceux qui ont répondu ensuite ont fait pencher négativement la balance.
C'est dans ce contexte que la Fed tient la semaine prochaine sa traditionnelle réunion sur les taux d'intérêt. Elle est chargée de les fixer de manière à maîtriser l'inflation sans casser l'emploi.
Du fait de la guerre et des risques inflationnistes accrus, les investisseurs s'attendent à un statu quo prolongé sur les taux.