L'Australie vend au Canada un système de radar avancé pour 1,5 milliard d'euros information fournie par Boursorama avec AFP 22/06/2026 à 11:29
L'Australie a signé lundi un contrat de vente de son système sophistiqué de radar de défense trans-horizon pour 2,5 milliards de dollars australiens (1,5 milliard d'euros) avec le Canada.
Les premières livraisons de ce système, développé par BAE Systems Australia, débuteront en juillet, première étape d'une coopération plus large entre l'Australie et le Canada autour de ce radar à longue portée.
"C'est de loin notre exportation en matière de défense la plus importante", a déclaré le ministre de la Défense, Richard Marles, lors d'une conférence de presse, soulignant qu'il s'agit de la première vente à l'international de ce système.
"L'Australie et le Canada ont toujours été les meilleurs amis du monde, mais, en réalité, avec ce que nous avons signé aujourd'hui, il existe désormais une dimension stratégique très importante dans cette relation", a souligné M. Marles.
Un radar trans-horizon à haute fréquence permet une surveillance à très longue distance, de l'ordre de plusieurs milliers de kilomètres, ce qui permet de renforcer les capacités de défense et assurer une alerte précoce.
C’est "l'épine dorsale" de la surveillance à longue distance du nord de l'Australie et le radar longue portée le plus avancé au monde, a affirmé M. Marles.
"Tout comme l'Australie, le Canada a de vastes zones à surveiller et il utilisera donc ce système pour mener des opérations de surveillance au-dessus de l'Arctique", a-t-il précisé.
Cet accord devrait générer environ 300 emplois techniques en Australie, a déclaré le gouvernement. De son côté, le secrétaire d'Etat canadien à l'Approvisionnement en matière de défense, Stephen Fuhr, a fait état de la création de près de 2.300 emplois par an dans son pays au cours des cinq prochaines années.
L'armée de l'air australienne gère le réseau de radars Jindalee depuis trois sites, assurant une surveillance à des portées de 1.000 à 3.000 kilomètres, selon le ministère de la Défense.
"Cette capacité permettra au Canada d'améliorer considérablement la surveillance dans l'Arctique, permettra de détecter et de suivre les menaces aériennes et maritimes sur une portée bien plus grande, renforcera le Norad (Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord NDLR) en fournissant des alertes plus précoces et en améliorant la défense du continent, et consolidera la souveraineté du Canada dans l’Arctique", a déclaré M. Fuhr.
Le Canada continue de coopérer avec les États-Unis en matière de défense, a indiqué M. Fuhr, tout en concédant que "la relation est différente" à présent et que le Canada ne devait pas investir toutes ses ressources au même endroit.
"Nous réagissons aux nouvelles réalités et nous nous réorganisons pour être à la hauteur de la situation, et il y a énormément d'opportunités qui se présentent pour le Canada — nous avons des amis dans de nombreux fuseaux horaires", a-t-il poursuivi.