L'année 2025 a été 3e année la plus chaude jamais enregistrée, dit Copernicus information fournie par Reuters 14/01/2026 à 04:00
par Kate Abnett
L'année 2025 a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée dans le monde, a déclaré mercredi le service Copernicus sur le changement climatique (C3S) de l'Union européenne (UE).
Les données du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT ou ECMWF) de l'UE ont montré que les trois dernières années ont été les trois plus chaudes jamais enregistrées sur la planète.
L'année 2025 conclut ainsi la première période de trois ans au cours de laquelle la température moyenne de la planète a dépassé de 1,5 degré Celsius celle de la période préindustrielle (1850-1900), lorsque l'homme a commencé à brûler des combustibles fossiles à l'échelle industrielle.
"La barre de 1,5°C ne représente pas une situation catastrophique. Cependant, nous savons que chaque fraction de degré compte, en particulier en ce qui concerne l'aggravation des phénomènes météorologiques extrêmes", a déclaré Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat au C3S.
L'année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée sur la planète.
Les gouvernements mondiaux sont convenus, aux termes de l'Accord de Paris sur le climat de 2015, de tenter d'empêcher le réchauffement climatique de dépasser 1,5°C, ce qui permettrait d'en éviter les conséquences les plus dramatiques.
Les climatologues affirment toutefois que le monde est susceptible de franchir ce seuil avant les années 2030, soit une décennie plus tôt que ce qui avait été anticipé lors de la signature de l'accord de Paris.
"Nous allons forcément dépasser ce seuil", a déclaré Carlo Buontempo, directeur du C3S. "Le choix qui s'offre à nous est désormais de savoir comment gérer au mieux ce dépassement inévitable et ses conséquences sur les sociétés et les systèmes naturels."
RÉACTION POLITIQUE
Selon le CEPMMT, le réchauffement climatique à long terme se situe actuellement autour de 1,4°C au-dessus du niveau préindustriel. A court terme, le seuil de 1,5°C a déjà été franchi en 2024.
Le dépassement de la limite à long terme de 1,5°C – même temporairement – entraînerait des conséquences plus extrêmes et plus généralisées, notamment des vagues de chaleur plus intenses et plus longues ainsi que des tempêtes et des inondations plus violentes.
Les feux de forêt survenus cette année en Europe ont produit les émissions totales les plus élevées jamais enregistrées, tandis que des études scientifiques ont confirmé que certains phénomènes météorologiques - comme les ouragans ou les pluies de mousson - étaient aggravés par le changement climatique.
Malgré ces conséquences de plus en plus sérieuses, la science du climat fait face à une opposition politique croissante. Le président américain Donald Trump, qui a qualifié le changement climatique de "plus grande escroquerie" du monde, a retiré la semaine dernière les Etats-Unis de dizaines d'instances des Nations unies, dont le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).
Les scientifiques du monde entier s'accordent de longue date sur le fait que le changement climatique est une réalité et qu'il s'aggrave. Sa principale cause est l'émission de gaz à effet de serre provenant de la combustion d'énergies fossiles comme le charbon, le pétrole et le gaz.
(Avec William James et Emma Farge; version française Camille Raynaud)