L'ambassadeur de Chine en France convoqué lundi par le Quai d'Orsay-Le Monde information fournie par Reuters 24/04/2023 à 10:40
PARIS, 24 avril (Reuters) - L'ambassadeur de Chine en France a été convoqué lundi par le Quai d'Orsay, rapporte le journal Le Monde, après ses propos questionnant la souveraineté de l'Ukraine et des pays de l'ex-URSS et l'appartenance de la Crimée à Kyiv, qui ont provoqué un tollé international.
Lu Shaye devrait être reçu lundi au Quai d'Orsay par Luis Vassy, le directeur de cabinet de Catherine Colonna, la ministre française des Affaires étrangères, rapporte Le Monde.
Contacté par Reuters, le ministère n'avait pas répondu dans l'immédiat.
Interrogé sur la guerre en Ukraine vendredi soir sur LCI, Lu Shaye a jugé que "les pays de l'ex-Union soviétique n'ont pas le statut effectif dans le droit international parce qu'il n'y a pas d'accord international pour concrétiser leur statut d'un pays souverain".
Sur la question de la Crimée, péninsule ukrainienne depuis 1954, annexée en 2014 par Moscou, le diplomate a ajouté : "Ça dépend de comment on perçoit ce problème. Il y a l'Histoire. La Crimée était tout d'abord tout au début à la Russie. C'est (Nikita) Krouchtchev qui a offert la Crimée à l'Ukraine à l'époque de l'Union soviétique."
Le Quai d'Orsay s'est dit dimanche "consterné" par ces propos, qui ont aussi fait réagir les pays concernés.
"C'est totalement inacceptable", a commenté lundi le ministre tchèque des Affaires étrangères Jan Lipavsky avant une réunion prévue dans la journée à Luxembourg avec ses homologues européens.
La Lettonie, la Lituanie et l'Estonie vont convoquer lundi le représentant chinois dans leur pays pour demander officiellement des éclaircissements, a fait savoir pour sa part le ministre lituanien des Affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis.
La Chine a été "objective et impartiale" sur les questions de souveraineté, a déclaré lundi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères interrogé lors d'un point de presse régulier pour savoir si la Chine pensait que l'Ukraine était un pays souverain.
(Rédigé par Blandine Hénault, avec Ingrid Melander, Bart Meijer et Andrew Gray et le bureau de Reuters à Pékin, édité par)