L'Allemagne échoue à obtenir un siège temporaire au Conseil de sécurité de l'Onu et blâme la Russie information fournie par Reuters 03/06/2026 à 19:52
Le rôle joué par l'Allemagne pour rassembler les soutiens derrière l'Ukraine et les liens étroits de Berlin avec Israël pourraient lui avoir coûté l'opportunité de siéger au Conseil de sécurité des Nations unies, a déclaré mercredi le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul.
Il s'est ainsi exprimé après que l'Allemagne (avec 104 votes) eut été devancée par le Portugal (134) et l'Autriche (131) lors d'un scrutin organisé à l'Assemblée générale de l'Onu pour attribuer deux sièges temporaires au Conseil. Ces deux pays vont remplacer le Danemark et la Grèce comme membres d'Europe occidentale non-permanents.
Trinidad et Tobago, le Zimbabwe et le Kirghizistan (lors d'un troisième tour de scrutin face aux Philippines) ont obtenu les trois autres sièges pour des mandats de deux ans à compter du 1er janvier prochain. Le Conseil de sécurité est composé de cinq membres permanents et de dix membres non-permanents, dont les mandats sont renouvelés à moitié chaque année.
Il s'agit d'un revers pour le gouvernement en difficulté du chancelier Friedrich Merz, désireux de placer l'Allemagne parmi les voix qui portent sur les questions mondiales.
"Nous avons toujours pris des positions claires sur certains sujets, et ce sont des positions que ne partagent pas tous les pays membres", a déclaré Johann Wadephul aux journalistes, ajoutant qu'il n'était "pas secret" que la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, avait attisé un ressentiment à l'encontre de l'Allemagne. "Il y a notre ferme soutien à l'Ukraine. La Russie ne veut pas d'une telle voix au Conseil de sécurité", a poursuivi le chef de la diplomatie allemande.
"Le fait que l'Allemagne doive toujours assumer une responsabilité particulière à l'égard d'Israël dans le conflit au Moyen-Orient pourrait aussi avoir coûté des voix", a-t-il dit également, alors que Berlin est devenu l'un des principaux soutiens d'Israël à la suite de l'Holocauste.
Aucun commentaire n'a été effectué dans l'immédiat par la Russie à propos des accusations allemandes.
Dans un communiqué distinct, Friedrich Merz a déclaré que l'Allemagne demeurerait un soutien fiable du système international et a félicité l'Autriche et le Portugal.
"Nous n'avons pas atteint notre objectif", a admis le chancelier allemand. "Ce résultat n'altère pas les missions auxquelles nous faisons face aux Nations unies. L'Allemagne demeure un pilier fiable du système multilatéral".
En difficulté en Allemagne, où la coalition gouvernementale a été minée par des désaccords sur un ensemble de mesures économiques et fiscales, Friedrich Merz jouit d'un certain respect en matière de politique étrangère, notamment pour ses démarches de soutien à l'Ukraine.
Le vote à l'Onu constitue toutefois une "défaite embarrassante", ont déclaré les Verts, imputant cet échec au chancelier et à son ministre des Affaires étrangères, présent au siège des Nations unies à New York pour le vote.
"Le gouvernement allemand a fait bien trop peu l'an dernier pour étayer cette candidature avec des idées modernes", a dit Agnieszka Brugger, vice-présidente du groupe des Verts au Parlement allemand, dans un communiqué.
(Rachel More et James Mackenzie à Berlin, avec David Brunnstrom; version française Jean Terzian)