L'aide à l'Ukraine ne se fera "pas au prix de la vie financière de la France", affirme Jacobelli (RN) information fournie par AFP 05/09/2026 à 11:24
Le député RN Laurent Jacobelli a martelé samedi que l'aide à l'Ukraine en cas d'arrivée du Rassemblement national au pouvoir ne se fera "pas au prix de la vie financière de la France", alors que la position du parti suscite une vague de critiques, Marine Tondelier l'accusant d'être un "cheval de troie" de la Russie.
"Au moment où on demande aux Français de faire des efforts sur leurs retraites, sur leurs soins, au moment où la France est en situation de quasi-faillite, on ne peut pas mettre en danger l'avenir de notre pays", a expliqué le député de Moselle sur France Info.
"Nous sommes aux côtés de l'Ukraine, mais pas au prix de la vie financière de la France", a-t-il ajouté.
Le parti de Marine Le Pen se voit contraint de clarifier ces derniers jours sa position vis-à-vis de l'Ukraine depuis que son vice-président Louis Aliot a suggéré, jeudi soir, qu'il faudrait "couper le robinet" financier à destination du pays en guerre contre la Russie, en cas d'arrivée au pouvoir du RN.
"L'aide financière" devra répondre à une "démarche pragmatique" et non à des "promesses en l'air", sans quoi cela se fera "au prix de la dette et de l'impôt des Français", a précisé Laurent Jacobelli.
Quant à l'aide matérielle, il a précisé que le "soutien militaire défensif" serait maintenu, tout comme l'aide "humanitaire" et "de formation".
"Si une livraison à l'Ukraine est compatible avec le réarmement de la France (...) on continue. Quand ça met en danger nos stocks et notre propre défense, évidemment non. Notre devoir de décideurs et de dirigeants politiques est de protéger la France", a-t-il explicité.
"Le Rassemblement National montre son vrai visage" a estimé la candidate Ecologiste à la présidentielle samedi à la braderie de Lille: "Pour eux, une possible victoire de Poutine en Ukraine n'est pas un problème, c'est même plutôt ce qu'ils recherchent".
"Toutes celles et ceux qui veulent nuire à la France et à l'Europe soutiennent Marine Le Pen dans le monde, et donc sa position sur l’Ukraine n'a rien d'étonnant", a-t-elle ajouté, estimant que "leur cheval de troie pour faire ça c'est Marine Le Pen".
Egalement à Lille, l'ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle Gabriel Attal a également fustigé "la soumission et l'impréparation" du RN.
Il a accusé le RN de vouloir "abandonner l'Ukraine au profit de la Russie" et déploré la décision "sidérante" de Jordan Bardella de s'engager "à ce que la France accueille tous les migrants qui se rendent vers la Grande-Bretagne".
Au Royaume-Uni vendredi lors d'un déplacement auprès de son allié anti-européen Nigel Farage, le président du RN Jordan Bardella a signé symboliquement avec M. Farage un protocole d'accord sur l'immigration, avec un volet prévoyant notamment le renvoi de migrants des eaux britanniques vers la France, une démarche critiquée de toutes parts.
"Nous renverrons systématiquement ces migrants clandestins illégaux dans leur pays d'origine", a tenté de clarifier Laurent Jacobelli, expliquant que ce volet ne concernait que les migrants "en perdition" dans la Manche qui tenteraient de rejoindre le Royaume-Uni.
"Evidemment qu'on va pas les laisser se noyer", a-t-il lancé, insistant sur le fait que les dépenses seront "équitablement réparties" entre la France et son homologue britannique.
"Nous voulons conjointement travailler ensemble pour envoyer un signal mondial: +Ne venez pas chez nous, ça ne sert à rien+", a-t-il dit.