KNDS : face à l'influence de la France, l'Allemagne va gonfler sa participation dans le poids-lourds européen des blindés
information fournie par Boursorama avec Media Services 21/05/2026 à 10:52

Selon plusieurs sources, le projet consiste à aligner les niveaux de participation de Paris et Berlin dans l'entreprise, qui fabrique notamment les célèbres canons Caesar et chars Leopard 2.

Outre les canons Caesar, KNDS produit une grande gamme de blindés, dont le Boxer (gauche) et le Puma (droite) ( AFP / MICHAELA STACHE )

La France et l'Allemagne bientôt à armes égales au sein de KNDS? Selon une source proche du gouvernement, l'État allemand vise une participation de 40% dans le groupe franco-allemand d’armement, spécialisé dans les véhicules blindés.

Selon un "accord conclu concernant la participation de l'Etat à KNDS", cette part doit d’abord s’élever à 40% et être réduite à 30% d’ici "deux à trois ans", selon cette source, sans préciser le montant total de l'opération.

Si le principe d'une répartition égale à 40/40 (+20% de privé, ndlr) entre France et Allemagne est acté dans un premier temps, les versions divergent toutefois pour la suite des opérations.

La France ne compte pas descendre davantage

Une source relayée par Les Echos tempère ainsi l'objectif de plus long terme de participations réduites à 30% pour la France et l'Allemagne. Si ce cap est défendu par les conservateurs allemands, rétifs à une participation publique renforcée sur le long terme, la donne est différente côté français.

"L'idée que Paris puisse dans un second redescendre à 30% n'est pas du tout d'actualité", a ainsi fait savoir cette source anonyme côté français, citée par le quotidien d'information économique.

La maison mère de KNDS, holding de droit néerlandais, est contrôlée aujourd'hui par l'Etat français, via la holding publique française GIAT Industries, et la famille allemande Wegmann. KNDS prévoyait de longue date une introduction en Bourse et Berlin examinait une entrée au capital afin d’équilibrer l’influence française au sein du groupe.

Selon l'accord, l'Allemagne doit obtenir les mêmes droits que la France, y compris après une éventuelle réduction de sa participation, a-t-elle ajouté. Paris devrait également réduire sa part "dans la mesure du possible", selon cette source. L'Allemagne achètera des actions au prix de l'introduction en Bourse, sans verser de prime de contrôle.

KNDS résulte du rapprochement entre les activités françaises (ex-Nexter) et allemandes (Krauss-Maffei Wegmann) du groupe finalisé en 2015. D'après le quotidien allemand Bild , l'entrée en Bourse est liée au retrait prévu de la famille allemande Wegmann qui souhaite vendre ses parts. Dans les milieux financiers, le groupe KNDS est actuellement valorisé entre 18 et 20 milliards d’euros.

D’après son site internet, le groupe d’armement, qui produit également le véhicule de transport militaire Boxer ainsi que de l’artillerie et des munitions, compte plus de 11.000 employés et réalise un chiffre d’affaires de 3,8 milliards d’euros. En 2024, son carnet de commandes s’élevait à 23,5 milliards d’euros.