Jusqu'à -90% sur les factures de gaz et électricité : les avantages du "tarif agent" en sursis, les syndicats de l'énergie menacent de se "mobiliser" information fournie par Boursorama avec Media Services 16/07/2026 à 10:27
Mis en place en 1946, ce régime permet des réductions importantes sur les factures d'énergie des agents des entreprises issues des opérateurs historiques EDF et GDF.
80 ans après leur instauration, les tarifs préférentiels accordés aux agents de l'électricité et du gaz en France sont dans le viseur du gouvernement. Face au projet de réforme, les quatre fédérations syndicales de l'électricité et du gaz menacent l'exécutif de se "mobiliser" s'il ne renonce pas à remettre en cause le très sensible "tarif agent", qui accorde des réductions de factures d'électricité et de gaz aux salariés du secteur.
Etabli au lendemain de la Seconde guerre mondiale, le "tarif agent" consiste aujourd'hui en une ristourne sur la facture (jusqu'à 90%) modulée en fonction de la composition du foyer et du mode de chauffage, et soumise aux prélèvements sociaux (CSG et CRDS).
"Nous vous demandons, Monsieur le Premier Ministre, de renoncer à cette remise en cause de l’avantage en nature énergie des salariés des IEG (industries électriques et gazières)", ont pour leur part écrit les fédérations CGT, CFE-CGC, CFDT et FO de l'énergie dans un courrier adressé jeudi à Sébastien Lecornu, que l'AFP a pu consulter. "À défaut, nous saurons nous mobiliser, avec l’ensemble des électriciens et gaziers, pour mettre fin à cette attaque de leur contrat social", ajoutent les quatre fédérations.
Le gouvernement réfléchit en effet à rogner le "tarif agent", un avantage en nature dans le viseur de la Cour des comptes.
Cette composante historique du statut des électriciens et gaziers, mise en place en même temps que le service public de l'énergie au lendemain du deuxième conflit mondial, concerne les salariés mais aussi les retraités des entreprises issues des opérateurs historiques EDF et GDF (dont Engie, Enedis, GRDF, etc.) et d'autres entreprises, dont des distributeurs locaux d'énergie.
Le gouvernement a reçu "une mise en demeure de la Cour des comptes" de se "mettre en conformité sur la valorisation de cet écart (...) entre ce tarif et la valeur réelle de l'énergie", avait indiqué à l'AFP le ministère de l'Energie.
"Provocation"
La CFE-CGC Energies, premier syndicat d'EDF SA (l'énergéticien sans ses filiales), a d'ores et déjà adressé mercredi à son PDG Bernard Fontana un préavis de grève à compter du 21 juillet. Une intersyndicale doit toutefois se réunir vendredi après-midi pour décider des modalités de la mobilisation.
Qualifiant de "provocation" l'annonce de cette mesure "à la veille des départs en vacances", l'interfédérale souligne qu'elle interviendrait "l'année même où l’on célèbre les 80 ans" d'EDF et d'un "engagement sans faille" des électriciens et des gaziers, "face aux tempêtes, aux inondations, aux canicules, aux feux de forêt ou pour garantir la souveraineté et la sécurité énergétiques du pays".
La FNME-CGT, premier syndicat de la branche, a déploré auprès de l'AFP "une nouvelle attaque" contre les salariés du secteur, annonçant une "riposte" : "nous ne laisserons pas passer une telle remise en cause sans réaction", a-t-on indiqué de même source. La question devrait être tranchée dans un arrêté ministériel.