Jusqu'à 5.000 euros disponibles sans délai? Le Sénat propose un déblocage exceptionnel de l'épargne salariale information fournie par Boursorama avec Media Services 07/04/2026 à 18:26
Près de 230 milliards d'euros sont placés sur ces différents produits d'épargne. Le gouvernement, par la voix du ministre des PME, s'est dit favorable à en faciliter l'accès pour la consommation.
Le Sénat a adopté mardi 7 avril une proposition de loi pour faciliter le recours à l'épargne salariale, espérant relancer le pouvoir d'achat des salariés en leur permettant de débloquer temporairement des fonds dans la limite de 5.000 euros.
Le texte du sénateur Les Républicains Olivier Rietmann a été adopté à 230 voix contre 111, malgré l'opposition de la gauche. Il est désormais transmis à l'Assemblée nationale, sans certitude à ce stade sur sa date d'examen, même si le soutien du gouvernement à cette initiative pourrait permettre d'accélérer le parcours de cette loi.
Une "force" devenue "frein"
L'épargne salariale est un système d'épargne collective mis en place par les entreprises à travers différents produits de moyen ou long terme, comme le plan épargne entreprises (PEE).
"Cette épargne est une force pour notre économie, mais elle peut devenir un frein lorsqu'elle est trop abondante", a affirmé le ministre des Petites et moyennes entreprises (PME) Serge Papin. Les Français détenaient ainsi près de 230 milliards d'euros placés sur différents produits d'épargne salariale fin 2025, un niveau record, selon l'Association française de la gestion financière (AFG).
Ces chiffres encouragent certains parlementaires à envisager un processus de déblocage exceptionnel de cette épargne, un coup de pouce temporaire pour le pouvoir d'achat des salariés. Cela a déjà eu lieu à plusieurs reprises ces dernières années (2008, 2013, 2022), dans des contextes économiques difficiles.
Serge Papin s'est montré favorable, ces dernières semaines, à un déblocage exceptionnel en 2026, de 2.000 euros, réservés aux salariés modestes. Ces derniers pourraient ainsi retirer cette somme de leurs PEE, dérogeant au délai normal de cinq ans durant lequel ces fonds sont gelés, sauf circonstance précise (mariage, divorce, rupture de contrat...). Le Sénat a opté, de son côté, pour un plafond supérieur, pouvant atteindre 5.000 euros par salarié pendant un an, sans condition de ressource.
Avec cette mesure, l'épargne salariale "n'apparaît plus comme une épargne bloquée et inaccessible, mais comme une épargne souple, utile et mobilisable si la situation l'exige", a défendu Olivier Rietmann, qui espère ainsi doper "l'attractivité" du dispositif auprès des salariés.
La gauche s'est opposée au texte, regrettant des mesures prises pour supplanter de réelles hausses de salaire. "Les salariés sont les dindons de la farce", s'est indignée la socialiste Monique Lubin. Contre l'avis du gouvernement, les sénateurs ont également voté pour permettre aux salariés de débloquer leur épargne salariale en cas de naissance ou d'adoption dès le premier enfant - et non au bout du troisième comme c'est actuellement le cas - ou en cas d'affection grave touchant leur enfant à charge.