"Jours critiques" en Hongrie, privée d''électricité d'origine nucléaire par la sécheresse
information fournie par Reuters 02/08/2026 à 13:41

"La Hongrie va connaître cinq jours critiques", a prévenu le Premier ministre Peter Magyar dimanche, alors que l'assèchement du Danube va contraindre la seule centrale nucléaire du pays à fermer, pour la première fois depuis plus de quatre décennies.

Une grande partie de l'Europe est touchée par une vague de chaleur et une sécheresse prolongées, ce qui fait baisser le niveau des cours d'eau et suscite des inquiétudes concernant l'approvisionnement en eau, le transport fluvial et la production d'électricité.

La centrale nucléaire de Paks, d'une puissance de 2 gigawatts, ne fonctionnait plus dimanche matin qu'à un peu plus de 10% de sa capacité car il n'y a plus assez d'eau dans le Danube pour alimenter ses circuits de refroidissement.

L'agence de gestion de l'eau prévoit que le niveau du fleuve va continuer de baisser dans les jours à venir, ce qui va contraindre les autorités à mettre la centrale totalement à l'arrêt dimanche après-midi.

"Nous allons affronter les cinq jours les plus critiques", a déclaré Peter Magyar dans une vidéo publiée sur Facebook. "Demain, la centrale de Paks ne produira pas d'électricité, alors que les journées les plus chaudes sont à venir." Il devrait faire jusqu'à 40°C cette semaine en Hongrie.

"Le réseau électrique, nos services publics et nous-mêmes serons tous soumis à une pression énorme", a ajouté le chef du gouvernement, qui a averti que la centrale de Paks pourrait rester à l'arrêt pendant des semaines.

Peter Magyar a appelé les entreprises, les services publics, les collectivités locales et les ménages à réduire fortement ou à décaler leur consommation d'électricité entre 17h00 et 22h00.

Le gouvernement décidera dimanche s'il convient d'imposer dès lundi des restrictions obligatoires de consommation d'électricité aux grandes entreprises, a-t-il précisé.

Cette crise va également coûter des centaines de millions d'euros à l'Etat hongrois en raison de la flambée des prix de l'électricité importée, a déploré Mark Radnai, vice-président du parti Tisza de Peter Magyar.

(Rédigé par Gergely Szakacs ; version française Tangi Salaün)