Journée de mobilisation contre la "vie chère" : les derniers développements information fournie par AFP 18/10/2026 à 02:05
Voici les derniers développements de la journée de mobilisation contre la "vie chère", à l'appel notamment d'anciens gilets jaunes et de jeunes, émaillée dans plusieurs villes par de violents affrontements et de nombreux pillages.
A six mois de la présidentielle, cet appel à faire renaître le mouvement des gilets jaunes de 2018/19, qui avait marqué le premier mandat du président Emmanuel Macron, a rencontré la protestation des lycéens et étudiants pour de meilleures conditions d'études.
Le "chaos" en Une de la presse
Reprenant le terme employé par Emmanuel Macron, la Tribune dimanche et le Dauphiné mettent "Le chaos" en Une, tout comme la Voix du Nord ("Scènes de chaos") et les Dernières Nouvelles d'Alsace ("Un élan citoyen qui vire au chaos"). Dans son édition dominicale, Le Parisien titre "Scènes d'insurrection" en première page.
Commerces pillés: Bercy "mobilisé"
"Le bilan va être lourd, partout dans le pays", a commenté peu avant minuit le Premier ministre Sébastien Lecornu. "A tous les commerçants touchés", "nous sommes mobilisés à Bercy pour vous aider", a ajouté le ministre du Commerce, Serge Papin.
Violences: 1.200 arrestations
Sébastien Lecornu a annoncé samedi soir que 1.200 personnes avaient été à ce stade interpellées et 150 policiers et gendarmes blessés en France lors des violences, estimant que c'est "un miracle que le bilan ne soit pas plus lourd".
Lors d'une visite auprès des forces de l'ordre, le Premier ministre a sommé La France insoumise de "choisir son camp" : "Soit on est dans le camp de la République et donc des forces de l'ordre, de celles et ceux qui protègent les biens et les personnes et qui appliquent les lois, soit on est du côté des casseurs".
L'appel des maires des grandes villes à Lecornu
Les maires de Paris, Marseille et Lyon demandent à être reçus par le Premier ministre Sébastien Lecornu en début de semaine, "face à l'ampleur des dégâts et la gravité de la situation". "Nous exigeons qu'un diagnostic précis soit établi, expliquant l'enchaînement d'événements ayant abouti à cette situation. Cela ne peut et doit pas se reproduire", écrivent dans une déclaration commune Emmanuel Grégoire (PS), Benoît Payan (DVG) et Grégory Doucet (écologiste). Les trois édiles disent associer à leur démarche l'ensemble des "maires des villes touchées".
L'hôtel de ville de Limoges, incendié, "en grande partie perdu"
L'hôtel de ville de Limoges, édifice du 19e siècle incendié par des individus radicaux samedi en fin de manifestation, est "très lourdement endommagé" et "en grande partie perdu", ont estimé dans la soirée le maire de la commune et le préfet de Haute-Vienne.
"Le toit s'est effondré sur les étages inférieurs, sauf dans l'aile ouest, et les deux tiers de la façade ont déjà disparu", a déclaré à l'AFP le représentant de l'État, Maurice Barate, évoquant une "catastrophe patrimoniale" et dénonçant un "acte volontaire de casseurs, pas de manifestants".
Dégradations à la mairie de Lille, brièvement envahie, et magasins saccagés
Des manifestants ont forcé samedi après-midi plusieurs entrées de la mairie de Lille et certains ont réussi à y pénétrer et commettre des dégradations à l'intérieur, a constaté l'AFP, tandis que plusieurs magasins du centre-ville ont été pillés.
Darmanin demande une réponse judiciaire "extrêmement ferme" face à des violences "d'une gravité inouïe"
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a annoncé sur X avoir donné instruction aux parquets "d'apporter une réponse judiciaire extrêmement ferme" aux "violences urbaines d'une gravité inouïe" commises samedi en France.
"Le placement en détention provisoire doit être requis contre ceux qui s'en sont pris aux forces de l'ordre, aux sapeurs-pompiers, aux bâtiments publics et aux commerces", a estimé le ministre de la Justice.
Faire "bloc face aux semeurs de chaos" (Macron)
Ceux qui ont "cassé" et "pillé" lors des manifestations seront "poursuivis et punis", a assuré le président Emmanuel Macron, affirmant que le pays fera "bloc face aux semeurs de chaos qui ne cherchent qu'à abattre nos institutions".
Entre 550.000 et 800.000 participants
Les organisateurs ont avancé le chiffre de 800.000 participants, tandis que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a donné celui de 550.000, dont 110.000 à Paris.
"Des rues entières ravagées" à Paris (Grégoire)
Le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a estimé que le bilan des violences et pillages dans la capitale serait "lourd", "d'ampleur immense", des "rues entières" ayant été "méthodiquement ravagées".
"Très en colère", il a évoqué, outre les commerces saccagés et pillés, "des dégâts sur l'espace public" et "des monuments qui ont été dégradés, cassés". "Des rues entières ont été méthodiquement ravagées", a-t-il déploré, en tenant à faire "la différence entre le mouvement social" et "des casseurs" pour lesquels il n'a "aucune indulgence".
La résidence officielle de la préfète de Gironde "saccagée"
La résidence officielle de la préfète de Gironde a été "saccagée" lors des émeutes survenues en marge de la mobilisation et le RAID a été déclenché pour assister les forces de l'ordre.
"Des individus sont entrés et ont saccagé les lieux", a indiqué une porte-parole de la préfecture, tandis que la préfète, Sophie Brocas, a condamné "avec la plus grande fermeté" les dégradations commises en ce lieu et le pillage de commerces en centre-ville.
Main arrachée par une grenade policière à Saint-Étienne
Un manifestant a eu la main arrachée à Saint-Étienne par une grenade policière lancée par les forces de l'ordre. Selon les premiers éléments, le manifestant a ramassé à la main la grenade, dont le modèle n'a pas été communiqué.
La main droite de ce jeune travailleur était en lambeaux et il a expliqué avoir ramassé cette grenade avant qu'elle n'explose, selon des membres du personnel médical de la manifestation qui l'ont pris en charge.
Duel à distance entre Mélenchon et Le Pen
Marine Le Pen a dénoncé "une prise d'otage par l'extrême gauche" des "revendications sociales légitimes" des manifestants, son adversaire Insoumis Jean-Luc Mélenchon critiquant la stratégie de maintien de l'ordre et soulignant le caractère majoritairement pacifique de la mobilisation.
"Ceux qui partagent notre combat n’ont rien à faire dans le pillage, le saccage", a averti en soirée M. Mélenchon.
"La République doit répondre avec la plus grande fermeté aux casseurs qui l'offensent", a réagi de son côté Edouard Philippe, tandis que Gabriel Attal a dénoncé "des scènes de violence insupportables". Pour Bruno Retailleau, "la force implacable de l'État est la seule réponse possible. Ces gens ne méritent rien d'autre que la prison".