Jon Ossoff, l'étoile montante démocrate qui se défend de vouloir devenir président information fournie par AFP 04/11/2026 à 09:37
La réélection éclatante mardi de Jon Ossoff, pas encore 40 ans, comme sénateur de Géorgie, dans le sud-est des États-Unis, renforce son statut d'étoile montante du Parti démocrate, à deux ans de la prochaine échéance présidentielle.
À chaque fois que la question lui est posée - lundi encore - il répète n'avoir "aucune envie" de se lancer dans la course à la Maison Blanche.
Nombre de ses partisans rencontrés par l'AFP à Atlanta l'appellent eux ouvertement de leurs voeux, comme Gracie Surface.
"Nous avons besoin de lui, besoin de sang neuf", plaide la jeune infirmière, juste après avoir voté dans la capitale de l'État.
"Je le soutiendrai à coup sûr si c'est ce qu'il décide de faire", promet Tracie Moore, une entrepreneuse afro-américaine quinquagénaire venue célébrer sa réélection mardi soir.
"Égoïstement, pour la qualité de son travail, je détesterais qu'on le perde" pour la Géorgie, avoue Michael Diaz, assistant juridique âgé de 22 ans.
En attendant, Jon Ossoff a été réélu très confortablement - moins d'une heure après la fermeture des bureaux de vote - face au candidat républicain Mike Collins dans un État où Donald Trump l'avait emporté en 2024.
"Le peuple américain a rejeté la dépravation, la corruption et l'incompétence de ce canard boiteux qu'est le président Donald J. Trump", a-t-il lancé devant ses soutiens à Atlanta.
"Voyager avec Natalie"
Jon Ossoff a signé une percée médiatique au cœur de l'été avec son sens de la formule.
"Le président dort pendant ses réunions. Il joue au golf et il vend des actions. Il ne veut pas faire le boulot. Il veut construire sa salle de bal et voyager avec Natalie dans leur palace volant (...) offert par l'émir du Qatar", lance-t-il à propos de Donald Trump au cours d'un meeting.
La petite phrase fait mouche, la séquence vidéo séduit les réseaux sociaux, et Natalie Harp, l'omniprésente mais méconnue assistante de Donald Trump, est projetée en pleine lumière.
Au-delà de cet instant médiatique, ses partisans louent son "authenticité", son "empathie", et sa capacité à rassembler au-delà des clivages partisans.
Lui-même ne manque pas d'insister sur le soutien qu'il a obtenu de maires républicains dans la campagne.
"Il me fait penser à Obama"
"Quand il parle, il me fait penser à Barack Obama, (...) il est vrai", avance Mary, sexagénaire venue faire du porte-à-porte pour sa réélection.
Tous deux "ont vraiment cette présence et c'est enthousiasmant, ça donne de l'espoir. Mais ils sont différents", décrit à l'AFP Joi Huff, qui travaille dans le secteur de la santé - un des sujets majeurs de la campagne de Jon Ossoff.
"Il est très éloquent mais c'est difficile de comparer", tempère Jan Callum, ex-enseignante septuagénaire.
Barack Obama, figure tutélaire démocrate, a fait le déplacement en personne sur les terres géorgiennes de Jon Ossoff dans la dernière ligne droite de la campagne des "midterms", donnant corps à un parallèle que le New York Times dessinait dès 2017.
Silhouette sportive, manches de chemise retroussées et art oratoire certain, la forme alimente la machine à comparaisons.
Catherine Urbain, communicante dans le secteur médical, se souvient de son intervention dans un meeting de Kamala Harris deux ans plus tôt. "Quand je l'ai entendu parler, je me suis dit: +Cet homme est extraordinaire. Il va devenir président+, raconte-t-elle à l'AFP. Il se soucie des gens et il n'a pas peur de monter au créneau. Je trouve que c'est un des rares qui ne laissent pas Trump s'en tirer à bon compte".
Sur la scène politique, son premier fait d'armes remonte à 2021 : il sort victorieux d'un duel a priori défavorable avec le républicain sortant et fait basculer la chambre haute dans l'escarcelle des démocrates, avec Raphael Warnock, devenu l'autre sénateur de Géorgie.
Né dans une famille juive d'Atlanta, Jon Ossoff devient alors le plus jeune sénateur de la mandature, à 33 ans.
Très tôt, il a appris auprès de John Lewis, figure américaine de la lutte pour les droits civiques, alors député. Il lui avait écrit à seize ans seulement.
Dans une première vie, Jon Ossoff réalisait des documentaires, sur la corruption en particulier.
Il en a gardé le sens de l'image et de la mise en scène. Au point que la presse américaine a théorisé l'"angle Ossoff", un plan en contre-plongée, regard qui porte loin, maîtrisé et flatteur.