JO 2030-"On a peu de marge", estime Damien Robert, directeur général de la Solideo
information fournie par Reuters 08/10/2026 à 15:17

par Vincent Daheron

Damien Robert, le directeur général de la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), a estimé dans une interview à Reuters avoir "peu de marge" concernant la livraison des infrastructures pour les Jeux olympiques et paralympiques d'hiver 2030 dans les Alpes.

"On n'a pas de retard, mais on a peu de marge. C'est presque consubstantiel au projet car la décision du CIO (Comité international olympique) a été tardive par rapport à une olympiade classique", explique Damien Robert.

Les Jeux olympiques d'hiver 2030 ont été décernés à la France en juillet 2024, soit moins de six ans avant les JO, prévus du 1er au 17 février 2030. Les villes de Pékin et de Milan-Cortina, hôtes respectives des éditions 2022 et 2026, avaient été, en comparaison, désignées moins de sept ans auparavant.

"On a peu de temps, on ne va pas se mentir. Par exemple, réaliser un village (olympique) en 24 mois, c'est quand même une gageure. On n'a pas de temps à perdre", poursuit Damien Robert, directeur général de la Solideo depuis sa création en avril 2025.

La Solideo, qui devra livrer ses ouvrages au Comité d'organisation (Cojop) à la fin de l'été 2029, a adopté la semaine dernière une maquette financière actualisée après la validation de la nouvelle carte des sites. L'investissement total est passé d'1,4 milliard d'euros à un peu moins d'un milliard, dont 665 millions d'euros de financements publics contre 869 millions d'euros initialement prévus.

"C'est une bonne chose, évidemment, en termes de finances publiques. Mécaniquement, Nice ne bénéficiera d'aucun héritage", estime-t-il.

Cette évolution est principalement liée au transfert du pôle glace de Nice à Lyon en raison du refus du maire de Nice, Éric Ciotti, de mettre à disposition l'Allianz Riviera, le stade du club de football de l'OGC Nice, pour accueillir le hockey sur glace. Le comité d'organisation des Alpes 2030 et le CIO avaient alors décidé de délocaliser les épreuves de glace à Lyon pour conserver un pôle unifié.

"Il s'avère que les ouvrages (à Nice) étaient les plus importants de la candidature avec le plus gros village et le complexe omnisports olympique, qui était le seul équipement sportif neuf qu'on construisait", rappelle Damien Robert. "C'est juste un regret pour le travail qu'on a fait pendant 18 mois sur Nice. C'est toujours un peu frustrant d'avoir beaucoup travaillé et de ne pas réaliser ce qu'on avait prévu de faire."

LA SOLIDEO PAS AFFECTÉE PAR LES CRISES DU COJOP

Alors que les crises de gouvernance ont pollué le Cojop depuis son lancement, avec les départs du directeur général Cyril Linette en février puis du président Edgar Grospiron le mois dernier, Damien Robert assure que celles-ci n'ont eu que "très peu d'influence" sur le travail de la Solideo.

"Ce qui compte à la Solideo, c'est d'avoir un comité d'organisation qui se déploie sur les territoires. Et de ce point de vue-là, le Cojop s'est énormément structuré dans les derniers mois", dit-il.

Le Cojop a justement annoncé jeudi la nomination de ses deux derniers directeurs de pôle (la métropole lyonnaise et la Savoie), qui rejoignent deux premières directrices qui avaient été nommées auparavant pour les pôles de Haute-Savoie et de Briançon.

Le directeur général de la Solideo s'est également réjoui du déroulement des réunions publiques qu'il mène dans les différents territoires.

"Cela a été très suivi, avec des salles pleines ou quasi pleines", assure-t-il. "On a promis de tirer un bilan exhaustif sur l'ensemble des ouvrages dont on a la maîtrise avant la fin de l'année."

(Rédigé par Vincent Daheron, édité par Benoit Van Overstraeten)