JO 2026: Les agents américains de l'ICE auront un rôle consultatif information fournie par Reuters 29/01/2026 à 13:15
par Giselda Vagnoni
L'Italie a présenté un plan de sécurité détaillé pour les Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina, soulignant qu'elle conserverait le commandement de toutes les opérations après l'annonce selon laquelle des agents de la police de l'immigration des Etats-Unis (ICE) assisteraient la délégation américaine.
Ces Jeux seront l'une des opérations de sécurité les plus complexes que l'Italie ait jamais eu à gérer, l'événement étant réparti entre deux sites principaux, Milan et Cortina d'Ampezzo, avec des épreuves supplémentaires organisées ailleurs dans le nord du pays.
Environ 3.500 athlètes participeront à l'événement, qui se déroulera du 6 au 22 février. Le gouvernement prévoit environ 2 millions de visiteurs, dont 60.000 pour la cérémonie d'ouverture au stade San Siro de Milan.
La délégation américaine sera conduite par le vice-président américain JD Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio.
SIX MILLE FORCES DE L'ORDRE
Selon le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi, l'opération de sécurité combine des déploiements sur le terrain, une prévention fondée sur le renseignement et, pour la première fois lors d'un événement majeur en Italie, une salle de contrôle de cybersécurité fonctionnant 24 heures sur 24.
Environ 6.000 agents des forces de l'ordre surveilleront plusieurs sites olympiques, avec l'aide de zones d'exclusion aérienne et d'accès restreint.
Les nations participantes apportent souvent leur propre personnel de sécurité. Dans cette optique, le département d'État américain a déclaré mardi que plusieurs agences fédérales, dont l'ICE, contribueraient à protéger les Américains en visite, comme elles l'ont fait lors des Jeux olympiques précédents.
Les agents de l'ICE et de la police des frontières sont vivement critiqués aux États-Unis pour leur application de la politique de répression de l'immigration du président Donald Trump, et les images de leurs actions ont choqué de nombreuses personnes en Italie, traditionnellement un proche allié des États-Unis.
Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur a déclaré que le personnel de l'ICE ne travaillerait que dans les bureaux diplomatiques américains, tels que le consulat de Milan, et "pas sur le terrain".
Il a ajouté : "Toutes les opérations de sécurité sur le territoire italien restent, comme toujours, sous la responsabilité et la direction exclusives des autorités italiennes."
L'ICE sera présente par l'intermédiaire de sa division Homeland Security Investigations (HSI), mais son rôle "sera strictement consultatif et basé sur le renseignement, sans aucune implication dans les patrouilles ou l'application de la loi", a écrit Tilman J. Fertitta, ambassadeur des États-Unis en Italie, sur X.
"Lors des Jeux olympiques, les enquêteurs criminels de l'HSI apporteront leur expertise en fournissant des renseignements sur les menaces criminelles transnationales, en mettant l'accent sur la cybercriminalité et les menaces à la sécurité nationale".
DES MANIFESTATIONS ANTI-ICE SE PROFILENT
Ces assurances n'ont cependant pas apaisé les critiques et le syndicat d'extrême gauche USB a appelé à un rassemblement dans le centre de Milan le 6 février, coïncidant avec la cérémonie d'ouverture des Jeux, tandis que les partis d'opposition et les groupes de gauche prévoient une manifestation ce samedi.
Emanuele Ingria, un employé des ressources humaines de Milan, a déclaré à Reuters qu'il était "très inquiet" à l'idée que des agents de l'ICE opèrent en Italie.
"Je ne pense pas que ce soit ce dont nous avons besoin aujourd'hui", a-t-il ajouté. "Surtout compte tenu de ce qui se passe là-bas (aux États-Unis). C'est vraiment une force de guérilla, je n'aime pas ça".
Dans le cadre du plan de déploiement pour les Jeux olympiques, plus de 3.000 policiers, quelque 2.000 carabiniers et plus de 800 agents de la Guardia di Finanza (la police des douanes) seront affectés aux sites, Milan accueillant le plus grand contingent.
Le plan prévoit également la surveillance par drones, des systèmes d'inspection robotisés pour les zones dangereuses ou inaccessibles, et un centre de commandement de cybersécurité à Milan chargé de surveiller à la fois les réseaux olympiques et les infrastructures de transport stratégiques qui ont été perturbées avant les Jeux de Paris 2024.
Les autorités activeront plusieurs "zones rouges" du 6 au 22 février, interdisant l'accès aux personnes condamnées pour atteinte à l'ordre public afin de prévenir les affrontements.
(Reportage Giselda Vagnoni, avec à Milan Antonio Denti et Matteo Negri et à Rome Alvise Armellini ; Mara Vîlcu pour la version française, édité par Kate Entringer)