JO 2026/Hockey sur glace-Après 24 ans d'absence, les Bleus retrouvent les Jeux pour sortir de l'anonymat information fournie par Reuters 09/02/2026 à 17:26
par Vincent Daheron
Les Jeux olympiques de Milan-Cortina sont déjà historiques pour le hockey sur glace tricolore : après la première participation de l'équipe de France féminine, la sélection masculine retrouvera, jeudi face à la Suisse, les JO pour la première fois depuis 2002.
"Il n'y a pas plus grande compétition que les Jeux olympiques. C'est une émotion que j'ai du mal à décrire tellement c'est fort pour moi, c'est la compétition ultime", estime Pierre-Edouard Bellemare, capitaine de l'équipe de France, auprès de Reuters.
Vingt-quatre ans après leur dernière qualification, les Bleus ont appris en mai dernier qu'ils seraient de la fête à la suite du maintien par le CIO de la suspension des équipes russes en raison de l'invasion de l'Ukraine en 2022.
"Notre célébration était un peu en demi-mesure car on est bien conscients du problème politique qui a forcé la main à notre qualification", reconnaît Pierre-Edouard Bellemare, qui, à bientôt 41 ans, a décidé de prolonger sa carrière dans l'optique des Jeux. "Le fait qu'on aille aux Jeux voulait aussi dire que la guerre ne s'arrêtait pas."
Cette place libérée par la Russie est revenue à la France grâce à sa position de meilleure deuxième au tournoi de qualification olympique disputé à l'été 2024.
"Les quatre dernières qualifications olympiques, c'était à l'arrache complet : des trucs horribles, des crève-coeur. C'était vraiment compliqué", se souvient Pierre-Yves Gerbeau, président de la Fédération française de hockey sur glace (FFHG), pour Reuters. "Cette fois, ça a tourné dans l'autre sens."
Les Bleus avaient manqué leur qualification d'un rien lors des trois éditions précédentes, à chaque fois si près du rêve olympique. "Les Jeux olympiques ont aussi été un aspect négatif dans ma carrière", avoue Pierre-Edouard Bellemare.
Mais cette année, donc, l'équipe de France est bien du voyage à Milan. "Ça représente quelque chose d'important pour notre sport, un immense honneur, une fierté et une responsabilité", dit à Reuters le sélectionneur Yorick Treille, joueur lors de la dernière participation en 2002.
"POSITIONNER NOTRE SPORT"
Cette qualification s'inscrit dans une dynamique vertueuse pour le hockey sur glace masculin tricolore puisque la France organisera les Mondiaux 2028 puis les Jeux olympiques 2030, qualifiant d'office l'équipe nationale pour ces deux compétitions.
"Ça arrive à un moment important. On a le devoir de ne pas se rater", prévient Pierre-Yves Gerbeau. "On a trois méga événements pour positionner notre sport et attirer des partenaires économiques pour l’avenir."
"Quand on parle d'opportunités, c'est dur d'en avoir une plus belle", confirme Yorick Treille. "Mais on est conscients qu'on doit performer pour sortir notre sport de l'anonymat, ça passera par les résultats."
La tâche sera particulièrement difficile pour la 14e nation mondiale, placée dans "le groupe de la mort" au premier tour, selon le président de la FFHG. Elle sera opposée au Canada, nonuple champion olympique, la Suisse, double vice-championne du monde en titre, et la République tchèque, championne du monde 2024.
Les vainqueurs de chacun des trois groupes et le meilleur deuxième sont directement qualifiés en quarts de finale, tandis que les huit autres équipes disputent un match de barrages pour les rejoindre.
"Être aux JO est déjà une médaille en soi parce que ce n'est pas notre niveau", affirme Pierre-Edouard Bellemare. "On va jouer contre des équipes avec trois-quarts des joueurs en NHL (de retour pour la première fois depuis 2014), on n'en a qu'un (Alexandre Texier). On a un match pour un quart de finale, si tu vas le chercher, tu fais un exploit magnifique. C'est le but, le rêve."
Le capitaine des Bleus voit même plus loin que le strict résultat aux Jeux de Milan-Cortina : "Si on arrive à inspirer des jeunes Français pour notre sport, c’est la plus grosse des victoires qu’on peut avoir."
(Rédigé par Vincent Daheron, édité par Sophie Louet)