Jeux vidéo: le studio Kylotonn en grève, les salariés redoutent un plan de départ information fournie par Boursorama avec AFP 07/05/2026 à 16:26
Plus d'une vingtaine de salariés se sont réunis jeudi matin devant les locaux du studio parisien Kylotonn face à la perspective d'un plan de départ au sein de l'entreprise, déjà placée en redressement judiciaire, a constaté un journaliste de l'AFP.
La veille, le Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV) avait appelé à une grève reconductible jusqu'au 11 mai pour protester contre "un violent plan de licenciements massif" qui doit être annoncé le 13.
"Notre préoccupation, c'est de sauver nos emplois", a expliqué à l'AFP Naomi Heinis, 28 ans, déléguée syndicale du STJV au sein de Kylotonn, qui compte près de 120 employés.
Selon le syndicat, l'éditeur français Nacon, qui possède le studio, souhaite supprimer tous les projets en cours et ne conserver que l'équipe maintenant le jeu "Test Drive Unlimited Solar Crown" (sorti en 2024), ce qui, selon les estimations du STJV, reviendrait à licencier près de 75% de Kylotonn.
"On a le sentiment d'aller vers la liquidation", regrette la représentante syndicale, alors qu'un autre studio de Nacon, Spiders, a été récemment placé en liquidation judiciaire, entraînant le licenciement de 71 salariés.
Contacté par l'AFP, Nacon n'a pas souhaité réagir.
"Le marché de l'emploi du jeu vidéo est catastrophique en ce moment, donc je m'inquiète même de devoir changer de métier", confie Éric (prénom changé à sa demande), employé depuis quatre à Kylotonn.
Le secteur, qui emploie quelques 12.000 salariés en France, a déjà été marqué ces derniers mois par la difficile passe financière du géant Ubisoft.
Les studio Kylotonn, Cyanide et Spiders avaient été placé en redressement judiciaire le 30 mars, dans la foulée de sa maison mère, le groupe Nacon.
Cette grève survient alors que l'entreprise doit présenter jeudi soir ses futurs sorties de jeux dans le cadre de la "Nacon Connect".
Basé à Lesquin (Nord), Nacon, qui réunit 16 studios de développement, avait annoncé être en cessation de paiement en février puis avait été placé en redressement judiciaire le 3 mars.
Le groupe, qui a généré plus de 167 millions de chiffre d'affaires sur l'exercice 2024-2025, cherchait notamment à se séparer de Spiders et d'une autre branche baptisée Nacon Tech afin de renflouer ses caisses mais sans succès, selon plusieurs médias spécialisés.
Les difficultés de Nacon, troisième éditeur français derrière Ubisoft et Pullup, sont liées à celle de sa maison mère, BigBen Interactive, connue pour ses accessoires destinés aux jeux vidéo.