JD Vance en visite en Hongrie en soutien à Orban avant les élections
information fournie par Reuters 07/04/2026 à 13:24

(Actualisé avec détails)

Le vice-président américain JD Vance est arrivé mardi en Hongrie avec la mission de donner un coup de pouce à la campagne électorale du Premier ministre nationaliste sortant Viktor Orban, dont l'ambition d'être réélu se heurte à une difficulté sans précédent depuis le début de sa carrière politique.

A quelques jours à peine des élections législatives, le dimanche 12 avril, il est prévu que JD Vance rencontre Viktor Orban et participe au côté du dirigeant hongrois à un rassemblement de campagne.

JD Vance et son épouse Usha Vance ont été accueillis à l’aéroport de Budapest par le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto.

"Cette visite démontre clairement que les relations entre les États-Unis et la Hongrie entrent dans un nouvel âge d’or", a déclaré Peter Szijjarto à la télévision d'État hongroise lors de l'arrivée de JD Vance.

Il a précisé que les dirigeants hongrois aborderaient avec JD Vance les sujets de migration, de sécurité mondiale, ainsi que la coopération économique et énergétique.

Selon Bloomberg News, le groupe pétrolier hongrois MOL

MOLB.BU s'apprêterait à acheter 500.000 tonnes de pétrole américain pour environ 500 millions de dollars (432,49 millions d'euros).

LE SOUTIEN DE TRUMP AUX DIRIGEANTS QUI PENSENT COMME LUI

Ce témoignage de soutien en personne à Viktor Orban de la part d'un haut responsable américain - assez rare pour le souligner - est le dernier exemple en date des efforts du président Donald Trump pour appuyer des dirigeants de droite partageant des positions similaires aux siennes, comme aussi en Argentine et au Japon.

Les sondages d'opinion montrent que Viktor Orban — qualifié par Donald Trump de "dirigeant véritablement fort et puissant" — et son parti Fidesz font face au scrutin le plus disputé depuis leur arrivée au pouvoir en 2010. Dans la plupart des enquêtes indépendantes, ils sont devancés par le parti de centre droit Tisza, dirigé par Peter Magyar.

Dans un message sur X, Peter Magyar a mis en garde contre toute ingérence étrangère.

"C'est notre pays ", a-t-il écrit. "L'histoire hongroise ne s'écrit ni à Washington, ni à Moscou, ni à Bruxelles – elle s'écrit dans les rues et sur les places de Hongrie."

Arrivé au pouvoir en 2010, Viktor Orban a mis en place ce qu'il décrit comme une "démocratie illibérale ", marquée par des politiques anti-immigration strictes, des attaques contre les normes libérales, une hostilité à l'égard des institutions internationales et des offensives contre les médias, les universités et les organisations non gouvernementales.

Il avait été le premier dirigeant européen à soutenir la candidature de Donald Trump lors de la présidentielle américaine de 2016.

"La visite de JD Vance n'est pas de la diplomatie routinière mais un véritable appui à Viktor Orban en amont des élections les plus compliquées de sa vie", a commenté Asli Aydintasbas, membre invitée du centre de réflexion The Brookings Institution.

"Pour l'administration Trump, Viktor Orban n'est pas simplement un pair conservateur mais une figure centrale dans des efforts pour établir un bloc anti-libéral à l'intérieur de l'Europe", a-t-elle ajouté. "Si Orban tombe, le mouvement en souffrira".

Viktor Orban est depuis longtemps en désaccord profond avec Bruxelles sur un éventail de sujets, dont au premier chef l'Ukraine, alors que le dirigeant hongrois a maintenu des liens cordiaux avec la Russie et son président Vladimir Poutine, refusant d'envoyer des armes à Kyiv, s'opposant à ce que l'Ukraine intègre l'UE et, plus récemment bloquant un prêt de 90 milliards d'euros dont le pays a besoin pour financer la résistance face à la Russie.

PAS SÛR QUE CE SOUTIEN SUFFISE

Aussi bien pour les adversaires que pour les alliés traditionnels des Etats-Unis, le programme de Donald Trump - "America First" - ressemble de plutôt à l'"Amérique seule", au fil des campagnes militaires et des tensions avec les Européens ayant marqué les 15 premiers mois du second mandat du président américain.

S'ils partagent des positions similaires sur l'immigration et le changement climatique, les mouvements populistes et d'extrême droite en Europe ont pris de la distance avec le locataire républicain de la Maison blanche sur d'autres questions, certains dénonçant son désir de contrôle du Groenland et sa politique erratique sur les droits de douane.

Le soutien apporté par l'administration Trump à Viktor Orban, notamment via la visite de JD Vance, pourrait ne pas suffire pour influencer les électeurs hongrois, ont dit des analystes politiques, notant que des questions internes comme le coût de la vie étaient au coeur de la campagne électorale.

JD Vance, partisan d'une ligne isolationniste et opposé à l’engagement des États-Unis dans des guerres à l'étranger, a joué un rôle dans les communications indirectes avec l'Iran visant à mettre fin au conflit. Il fait partie des conseillers de Donald Trump ayant initialement exprimé des réserves sur la guerre.

(Humeyra Pamuk; version française Jean Terzian et Elena Smirnova, édité par Benoit Van Overstraeten)