Japon: L'inflation sous-jacente passe sous la barre des 2%, complique la tâche de la BoJ
information fournie par Reuters 24/03/2026 à 08:33

Le gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, participe à une conférence de presse après une réunion de politique générale de la Banque du Japon à Tokyo

L'inflation sous-jacente au Japon est tombée ‌en février sous l'objectif de 2% fixé par la Banque du Japon (BoJ) pour la première ​fois depuis près de quatre ans, montrent les données publiées mardi, les aides gouvernementales sur les carburants ayant compensé la hausse des coûts d'importation due à la faiblesse du yen.

Si ce ​chiffre ne devrait pas bouleverser le plan de resserrement monétaire de la banque centrale nippone, la pression à la baisse ​sur les prix exercée par l'intervention gouvernementale compliquera ⁠la communication de l'institution monétaire à un moment où elle cherche à relever les ‌coûts d'emprunt.

L'indice des prix à la consommation (IPC) sous-jacent, qui exclut l'effet de la volatilité des coûts des produits alimentaires frais, a augmenté de 1,6% ​en février sur un an, ‌contre 2% en janvier.

Il passe donc en-deçà de l'objectif de la BoJ ⁠pour la première fois depuis mars 2022.

La banque centrale a déclaré la semaine dernière qu'elle publierait d'ici l'été un nouvel indicateur de prix qui exclurait l'effet de ces facteurs politiques ⁠ponctuels afin de mieux ‌évaluer l'inflation sous-jacente, une mesure qui, selon certains analystes, vise à justifier ⁠de nouvelles hausses de taux.

"Les pressions inflationnistes sont plus ancrées que ne le suggère le ‌faible résultat global de février", a déclaré Abhijit Surya, économiste chez Capital Economics.

"En ⁠effet, nous pensons que la mesure de l'inflation sous-jacente privilégiée par ⁠la Banque du Japon ‌restera supérieure à son objectif de 2% dans un avenir prévisible. Par conséquent, les arguments ​en faveur d'un nouveau resserrement monétaire restent valables", ‌a-t-il ajouté.

Si l'inflation globale a ralenti à 1,3% en février, contre 1,5% en janvier, cela s'explique principalement par une ​baisse de 9,1% des coûts énergétiques, due à la reprise des subventions pour l'électricité et le gaz.

La BoJ a maintenu ses taux d'intérêt inchangés la semaine dernière, tout en ⁠mettant en garde contre l'impact que la hausse des prix du pétrole liée à la guerre en Iran pourrait avoir sur l'inflation sous-jacente.

La banque centrale japonaise est confrontée à un choix difficile, le conflit au Moyen-Orient accentuant les pressions inflationnistes tout en nuisant aux bénéfices des entreprises et à une économie fortement dépendante des importations de carburant.

(Leika Kihara; version française Diana ​Mandia, édité par Augustin Turpin)