Italie: Modène se rassemble en hommage aux huit personnes fauchées par un automobiliste
information fournie par AFP 17/05/2026 à 21:46

Photo publiée par les services de la présidence italienne montrant le président Sergio Mattarella (C) et la présidente du Conseil Giorgia Meloni (G) au chevet d'une des victimes renversées par un conducteur ayant des antécédents psychiatriques, le 17 mai 2026 à Modène ( AFP / Paolo Giandotti )

Encore hébétés, attristés, les habitants de Modène se sont rassemblés dimanche soir en hommage aux huit personnes fauchées la veille par un automobiliste atteint de troubles psychiatriques.

"Les peurs se combattent en restant unis", a lancé le maire Massimo Mezzetti (centre-gauche) devant un millier de personnes rassemblées à son appel, sur la "Piazza grande" de cette ville du nord de l'Italie.

Samedi après-midi, dans une des rues menant au centre historique, un Italien d'une trentaine d'années a renversé et blessé huit personnes samedi.

Trois blessés étaient encore dans un état grave dimanche matin. Une femme a été amputée des jambes.

Le mode d'action du conducteur a fait craindre un acte terroriste. Mais le ministre italien de l'Intérieur a indiqué dimanche, avec des précautions, qu'"à ce jour, ce qui ressort le plus clairement, c'est (une) situation personnelle de nature psychiatrique".

Le conducteur d'origine marocaine résidant à proximité de Modène avait déjà été pris en charge pour des troubles psychiatriques.

Interrogé par la police, il est apparu "confus" et n'a pas répondu aux questions, selon les médias italiens. Son domicile près de Modène a été perquisitionné sans qu'on y trouve de signes de radicalisation islamique.

"Que ce soit un attentat ou non, ça n'aurait jamais dû se produire", a témoigné Rosaria, 51 ans, venue sur la "Piazza grande" avec sa fille Greta Nicoletta, 17 ans. "C'est trop grave dans une ville tranquille comme Modène, où nous travaillons chaque jour pour l'intégration des personnes. Il y a énormément d'étrangers qui arrivent, et nous vivons tous ensemble."

"J’étais dans cette rue vendredi avec une amie. Ca aurait pu m'arriver", a ajouté sa fille.

"Je suis partagée entre douleur, tristesse et peur", a témoigné Cinzia, une salariée de 63 ans. "On ne parlait que de ça aujourd'hui. Des vidéos très fortes, trop fortes ont circulé."

"Mais nous Modénois sommes un peuple coriace, on a subi un grand tremblement de terre en 2012 et nous sommes très unis", a-t-elle ajouté.

- "Episode isolé" -

Après être entré à grande vitesse dans le centre-ville, le conducteur s'est fracassé dans la vitrine d'une boutique. Il a tenté de fuir mais quatre passants l'ont poursuivi et maîtrisé. Face à eux, il a sorti un couteau avant d'être arrêté.

"J'ai fait voir que l'Italie n'est pas morte", a témoigné dimanche l'un de ces passants, Luca Signorelli, blessé d'un coup de couteau au visage.

La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a annulé une visite prévue à Chypre afin de se rendre au chevet des blessés de Modène, avec le président de la République Sergio Mattarella.

"Les héros, au fond, ne sont pas des personnes extraordinaires: ce sont des hommes et des femmes ordinaires qui, à un moment décisif, placent ce qui est juste avant eux-mêmes", a déclaré sur la plateforme X Giorgia Meloni après avoir félicité Luca Signorelli.

Le conducteur, diplômé d'économie né en 1995 et inconnu des services de police, "avait été pris en charge dans un centre de santé mentale pour des troubles schizoïdes" en 2022, a précisé la préfète de la ville, Fabrizia Triolo, lors d'une conférence de presse samedi soir.

Des policiers sur les lieux où un conducteur a renversé et blessé huit personnes, le 16 mai 2026 à Modène, dans le nord de l'Italie ( AFP / - )

Interrogé par la police, le jeune homme est apparu "confus" et n'a pas répondu aux questions, selon les médias italiens.

Le classe politique italienne a réagi immédiatement, la droite, le centre et la gauche apportant leur soutien aux blessés soulignant le courage des passants qui sont intervenus pour stopper le conducteur.

Seul le député de la majorité Riccardo de Corato (droite) a jugé "gravissime qu'un individu psychologiquement instable ait été abandonné à lui-même, provoquant ces faits tragiques" dans un "fief de centre-gauche" comme Modène.

La Ligue, parti d'extrême droite dans la coalition au pouvoir en Italie, a remis en cause de son côté "l'intégration des citoyens de deuxième génération".