Israël intègre le "Conseil de la paix" de Trump, les Européens réticents information fournie par Reuters 21/01/2026 à 17:11
(Actualisé avec nouveaux pays)
Le bureau de Benjamin Netanyahu a fait savoir mercredi que le Premier ministre israélien avait accepté d'intégrer le "Conseil de la paix" du président américain Donald Trump, alors que plusieurs pays européens ont décliné ou ne souhaitent pas répondre à son invitation.
Le "Conseil de la paix" était censé au départ superviser la mise en oeuvre de l'accord de paix dans la bande de Gaza mais il semble que Donald Trump veuille l'étendre aux autres conflits dans le monde, sous sa direction exclusive. Les pays membres devraient payer une cotisation d'un milliard de dollars chacun pour obtenir le statut de membre permanent.
Des invitations ont été adressées à au moins une soixantaine de pays, mais outre Israël, seuls quelques-uns, dont la Hongrie, la Biélorussie, la Turquie - qui sera représentée au niveau du ministre des Affaires étrangères -, l'Azerbaïdjan, l'Arménie, le Kazakhstan, le Kosovo, les Émirats arabes unis, Bahreïn, l'Egypte ou le Pakistan ont jusqu'à présent accepté publiquement de participer à cette initiative.
Steve Witkoff, émissaire de Donald Trump, a déclaré mercredi à la chaîne CNBC que "20, peut-être 25" dirigeants avaient accepté jusqu'à présent l'invitation, alors qu'une cérémonie de signature de la "charte" du "Conseil de la paix" devait se tenir dans la journée en marge du Forum économique mondial à Davos.
Ajoutant à l'inquiétude des alliés traditionnels des États-Unis, le Kremlin a déclaré cette semaine que le président russe Vladimir Poutine avait également été invité, sans dire s'il avait l'intention de répondre positivement.
La Chine ou encore le Japon sont également restés silencieux jusqu'à présent.
PARIS, BERLIN ET ROME DISENT NON
Le refus du président français Emmanuel Macron d'intégrer le "Conseil de la paix" a provoqué une crise entre Washington et Paris, Donald Trump menaçant d'imposer des droits de douane de 200% aux vins et Champagne français en représailles.
D'autres pays européens ont cependant emboîté le pas de la France mercredi, dont la Suède et la Norvège, solidaires du Danemark sur la question du Groenland convoité par les États-Unis, qui ont fait connaître leur refus.
Selon la presse italienne et allemande, Rome et Berlin n'ont pas davantage l'intention de s'associer à cette initiative.
Le ministre italien de l'Economie, Giancarlo Giorgetti, a déclaré qu'une telle démarche semblait "problématique", malgré la proximité entre la présidente du Conseil Giorgia Meloni et Donald Trump.
Le journal Corriere della Serra souligne que l'entrée de l'Italie dans le "Conseil de la paix" violerait la Constitution, qui prévoit que l'Italie ne peut adhérer à des organisations internationales qui garantissent "la paix et la justice entre les nations" qu'à condition que l'égalité entre les États membres soit garantie, ce qui est incompatible avec la volonté de Donald Trump d'en conserver la présidence à vie.
Berlin a de son côté fait savoir que le chancelier Friedrich Merz n'assisterait pas à la cérémonie inaugurale et selon le magazine Der Spiegel, qui cite une note interne, le gouvernement allemand est opposé à cette initiative qui risque de concurrencer les Nations unies et de donner trop de pouvoir à Donald Trump.
Le Royaume-Uni n'a pas encore fait connaître sa position.
L'Ukraine a également été invitée mais le président Volodimir Zelensky a souligné qu'il lui serait difficile de siéger dans une organisation à laquelle la Russie pourrait participer.
(Bureaux de Reuters, version française Tangi Salaün, édité par Blandine Hénault)