Israël inscrit sur la "liste noire" de l'Onu sur les violences sexuelles lors des conflits information fournie par Reuters 29/05/2026 à 15:14
Israël dénonce une décision "déconnectée des faits et de la réalité" après son inscription sur la "liste noire" de l'Onu relative aux violences sexuelles en zones de conflit, où figure déjà le Hamas.
L'ambassadeur israélien aux Nations unies, Danny Danon, a été informé jeudi par le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, de son initiative et de la publication prochaine de son rapport à ce sujet.
"C'est une décision politique! Déconnectée des faits et de la réalité!", a dénoncé le diplomate sur X.
Dans son rapport annuel au Conseil de sécurité, publié en août dernier, Antonio Guterres avait "averti" Israël et la Russie qu’ils pourraient être ajoutés en 2026 à la liste des parties "soupçonnées de manière crédible d’avoir commis ou d’être responsables de pratiques de viols ou d’autres formes de violences sexuelles".
Dans un autre message sur le réseau X, Danny Danon souligne que le fait d’assimiler Israël au Hamas sur cette liste marque un nouveau palier dans la "bassesse". Il ajoute que l'Etat hébreu a répondu en détail à chaque allégation concernant des violences sexuelles présumées contre des Palestiniens et invite des représentants de l’Onu à se rendre sur place pour examiner la situation.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué jeudi soir qu’il rompait tout contact avec Antonio Guterres jusqu'à la fin de son mandat, en décembre prochain.
"Étant donné qu’Antonio Guterres a choisi d'enfreindre toutes les normes d’honnêteté, d’intégrité et de professionnalisme, Israël a décidé de rompre tous ses liens avec le bureau du Secrétaire général et attendra qu’un nouveau Secrétaire général de l’Onu soit nommé", a dit le ministère sur X.
Le porte-parole du secrétaire général, Stéphane Dujarric, a réagi lors d'un point de presse jeudi : "Je peux vous dire que du point de vue du Secrétaire général, sa porte reste ouverte aux représentants israéliens, comme aux 192 autres États membres et aux deux États observateurs."
L'avertissement lancé par Antonio Guterres en août faisait suite à de "sérieuses préoccupations concernant des schémas de de violences sexuelles, documentées de manière constante par les Nations unies". Danny Danon avait rejeté ces accusations, les qualifiant d’infondées.
Dans l'annexe au rapport annuel consacrée à ce sujet, Antonio Guterres se dit "gravement préoccupé par des informations crédibles faisant état de violations commises par les forces armées et de sécurité israéliennes" à l’encontre de Palestiniens dans plusieurs prisons, un centre de détention et une base militaire.
Le groupe armé palestinien Hamas – dont l’attaque du 7 octobre 2023 contre le sud d’Israël a déclenché la guerre dans la bande de Gaza – est "soupçonné de manière crédible d’avoir commis ou d’être responsable de pratiques de viols ou d’autres formes de violence sexuelle" dans le cadre d’un conflit armé". Le Hamas a catégoriquement rejeté ces allégations.
(Reportage Olivia Le Poidevin, avec la contributions de Rami Ayyub à Jérusalem et de David Brunnstrom à Washington, version française Elena Smirnova, édité par Sophie Louet)