Israël et USA déclenchent une "fureur épique" contre l'Iran, qui riposte information fournie par Reuters 28/02/2026 à 12:20
(Actualisé avec missile iranien au Bahreïn §4, situation à Téhéran §§15-16 et en Israël §27-29)
Israël et les États-Unis lancé samedi une campagne de frappes aériennes présentée comme "préventive" contre l'Iran, précisant que celle-ci devrait durer "plusieurs jours", alors que les médias officiels iraniens font état de nombreuses explosions à Téhéran et dans d'autres villes du pays.
L'armée israélienne et l'agence de presse iranienne Tasnim ont indiqué que l'Iran avait riposté en tirant plusieurs salves de missiles et de drones en direction d'Israël. Aucun dégât n'a été signalé pour le moment.
De nombreuses explosions ont été entendues dans le ciel de Doha ou d'Abou Dhabi mais les autorités du Qatar, des émirats arabes unis et du Koweït, qui hébergent des bases militaires américaines, ont dit avoir intercepté à cette heure tous les missiles qui visaient leur territoire.
Un missile semble en revanche avoir touché le quartier général de la Ve flotte américaine au Bahreïn, selon une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et des témoins. Des habitants du quartier d'Al Jouffair, dans la capitale Manama, ont dû être évacués, a fait savoir le ministère de l'Intérieur.
"Une importante opération militaire a débuté contre l'Iran", a déclaré Donald Trump après l'annonce initiale par Israël d'une "frappe préventive".
Cette opération, appelée "Fureur épique" par le Pentagone, vise à neutraliser les "menaces imminentes" constituées par le régime iranien, a dit le président des États-Unis, qui a affirmé que les capacités de fabrication de missiles balistiques de Téhéran ainsi que sa marine, qui fait notamment peser une menace sur le trafic commercial dans le détroit d'Ormuz, allaient être "anéantis".
Donald Trump avait fait part vendredi de son insatisfaction quant à l'avancée des négociations sur les programme nucléaire et de missiles balistiques de Téhéran. Il a répété samedi que l'Iran ne pourrait jamais se doter de l'arme atomique.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré de son côté que l'opération militaire visait à éliminer une "menace existentielle" pour Israël et à "créer les conditions pour que le peuple iranien puisse prendre son destin en main", en allusion au renversement du régime des mollahs.
"Le moment est venu pour (...) la population iranienne (...) de se libérer du joug tyrannique (du régime) et d'instaurer un Iran libre et épris de paix", a-t-il déclaré dans un communiqué.
KHAMENEI "CONDUIT DANS UN LIEU SÛR"
Les agences de presse iraniennes ont fait état de plusieurs explosions à Téhéran et de colonnes de fumée noire s'élevant au-dessus de la capitale. Selon un responsable iranien, plusieurs ministères ont notamment été visés. Des explosions ont été signalées dans d'autres villes, notamment Tabriz, Ispahan, la ville sainte de Qom ou encore la ville portuaire de Bouchehr, où se trouve une centrale nucléaire civile.
Un responsable israélien a déclaré que le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et le président Massoud Pezeshkian, avaient été ciblés, ajoutant que le résultat des frappes était en cours d'évaluation.
Selon l'agence Tasnim, sept missiles se sont abattus aux abords du palais présidentiel et de la résidence du guide suprême.
Un responsable iranien a déclaré à Reuters qu'Ali Khamenei n'était pas à Téhéran et qu'il avait été conduit dans un lieu sûr. Massoud Pezeshkian et le chef de la diplomatie Abbas Araqchi sont également sains et saufs, a-t-on dit de source iranienne.
A Téhéran, de longues queues se sont formées dans les stations-services et les banques, selon des habitants joints par téléphone.
"Nous sommes tués par le régime et par Israël. Nous sommes les victimes des politiques hostiles de ce régime", a déclaré Maryam, 54 ans, en fuyant la capitale vers le nord du pays avec sa famille.
Cette opération israélo-américaine contre l'Iran, qui fait écho au conflit de douze jours en juin dernier, intervient après des avertissements répétés des États-Unis et d'Israël selon lesquels ils frapperaient à nouveau si Téhéran ne renonçait pas à ses programmes nucléaires et de missiles balistiques.
Selon un responsable militaire israélien, cette nouvelle campagne de frappes aériennes a été planifiée pendant des mois en coordination avec les États-Unis, et la date de son déclenchement avait été fixée il y a plusieurs semaines.
Les États-Unis ont notamment déployé à cette fin deux porte-avions et leurs escadres dans la région.
"Je ne fais pas cette déclaration à la légère. Le régime iranien cherche à tuer", a déclaré Donald Trump dans une vidéo diffusée sur Truth Social.
"De courageux héros américains risquent de perdre la vie et nous pourrions déplorer des pertes, comme c'est souvent le cas en temps de guerre, mais nous agissons ainsi, non pas pour le présent, mais pour l'avenir, et c'est une mission noble."
ÉTAT D'ALERTE EN ISRAËL
Donald Trump a enjoint les membres des Gardiens de la révolution islamique à déposer les armes, leur promettant l'immunité. La seule alternative est "une mort certaine", a-t-il menacé.
Plusieurs commandants de cette unité d'élite du régime ainsi que des responsables politiques ont été tués lors de la première salve de bombardements, a déclaré à Reuters une source proche du régime.
Un responsable américain a déclaré à Reuters que les frappes avaient été lancées depuis les airs et la mer et qu'elles allaient sûrement se poursuivre pendant "plusieurs jours".
Un autre responsable américain a dit à la chaîne CNN que les frappes visaient des "cibles militaires". L'armée israélienne a demandé aux Iraniens de s'éloigner de toutes les installations militaires.
Un responsable iranien a déclaré à Reuters que Téhéran allait riposter de manière "écrasante" à cette attaque. Les Gardiens de révolution ont assuré que la riposte se poursuivrait "jusqu'à ce que l'ennemi soit définitivement vaincu".
L'armée israélienne a dit que plusieurs salves de missiles iraniens avaient été tirés en direction d'Israël, dont le "Dôme de fer" a été activé et où les sirènes d'alerte ont retenti.
Une explosion a retenti dans le ciel de Tel-Aviv mais aucun dégât n'a été signalé pour le moment et les Israéliens ont été autorisés à quitter les abris dans plusieurs zones du pays.
Les écoles sont néanmoins restées fermées samedi et les Israéliens ont été appelés à télétravailler et à éviter les rassemblements publics, a précisé l'armée.
L'espace aérien israélien est fermé pour tous les vols civils jusqu'à ce que la situation soit jugée sûre, a annoncé l'autorité aéroportuaire israélienne.
L'Iran a également fermé son espace aérien, de même que d'autres pays de la région comme l'Irak et le Koweït. Plusieurs compagnies aériennes, dont Air France-KLM et Lufthansa, mais aussi Qatar Airways et Emirates, ont annoncé la suspension de leurs vols en direction d'Israël et de plusieurs destinations proche-orientales, comme Beyrouth, Bagdad, Dubaï, Doha et Oman.
(Rédigé par les bureaux de Reuters, version française Tangi Salaün)