Le Hezbollah
libanais, soutenu par l'Iran, a déclaré samedi avoir tiré des
roquettes sur Israël, qui a annoncé de son côté avoir frappé une
"cellule terroriste" en représailles, alors que les Occidentaux
poursuivaient leurs efforts pour éviter une escalade régionale
du conflit.
Les combats ont également fait rage dans la bande de Gaza,
en particulier dans la ville de Khan Younès et ses alentours,
dans le sud du territoire palestinien, où l'armée israélienne a
dit avoir tué trois combattants du Hamas.
Les sirènes ont retenti dans le nord d'Israël, où Tsahal a
fait état d'une quarantaine de tirs opérés "depuis le Liban vers
la région de Meron", dans le nord de l'Etat hébreu.
Aucune victime ni dégât n'ont été signalés.
Le Hezbollah a déclaré avoir lancé 62 roquettes sur un poste
d'observation israélien en réponse à l'assassinat, mardi, du
haut responsable du Hamas Saleh al Arouri.
Les tensions sont vives depuis la mort de ce dirigeant, tué
par un drone dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du
Hezbollah, allié libanais du Hamas, lors d'une attaque attribuée
à Israël.
Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré vendredi
que le Liban risquait d'être "exposé" à d'autres attaques
israéliennes si son groupe ne répondait pas à cet assassinat.
La Jamaa Islamiya, groupe islamiste libanais, a quant à elle
annoncé avoir tiré deux salves de roquettes sur Kiryat Shmona
dans le nord d'Israël, la troisième opération qu'elle revendique
depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le 7
octobre.
Tsahal a dit avoir répondu à l'attaque de roquettes du
Hezbollah par une frappe de drone sur "la cellule terroriste
responsable des lancements vers la région de Metula".
Les avions de combat et les troupes israéliennes ont
également visé le Hezbollah dans les régions d'Ayta ash Shab,
Yaroun et Ramyeh, dans le sud du Liban, ciblant un poste de
lancement, des sites militaires et des "infrastructures
terroristes", a-t-on ajouté de même source.
Le Hezbollah a annoncé la mort de cinq de ses combattants.
PLUS DE 22.700 MORTS DANS GAZA
Israël et le Hezbollah échangent régulièrement des tirs de
part et d'autre de la frontière libanaise, la Cisjordanie est en
ébullition et les Houthis alliés de l’Iran au Yémen semblent
déterminés à poursuivre leurs attaques en mer Rouge pour obliger
Israël à cesser de bombarder Gaza.
L'offensive israélienne a commencé après une attaque des
militants du Hamas de Gaza contre Israël le 7 octobre, faisant
1.200 morts et 240 otages, selon les responsables israéliens.
L'offensive visant à anéantir le mouvement islamiste qui
dirige Gaza a fait 22.722 morts, selon les responsables
palestiniens de la santé, et dévasté l'enclave densément peuplée
de 2,3 millions d'habitants. Au moins 122 Palestiniens ont été
tués et 256 autres blessés à Gaza ces dernières 24 heures,
ont-ils dit samedi.
Le conflit ne faiblit pas malgré plusieurs visites dans la
région du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken et d’autres
diplomates de haut rang.
En visite samedi en Turquie puis en Grèce, avant de
s'envoler pour la Jordanie, le chef de la diplomatie américaine
a appelé les pays de la région à user de leur influence pour
prévenir une extension du conflit.
Au cours de sa tournée régionale d’une semaine, Blinken doit
aussi se rendre en Israël, en Cisjordanie occupée, au Qatar, aux
Émirats arabes unis, en Arabie saoudite et en Égypte.
A Beyrouth, le porte-parole de la diplomatie européenne,
Josep Borrell, a déclaré que les canaux diplomatiques devaient
rester ouverts. "La guerre n'est pas seule option, c'est la pire
option", a-t-il dit.
La ministre française des Affaires étrangères, Catherine
Colonna, a téléphoné à son homologue iranien Hossein
Amirabdollahian pour demander que "l'Iran et ses affidés cessent
immédiatement leurs actions déstabilisatrices".
Le ministère iranien des Affaires étrangères a répondu
qu'une étape efficace pour faire cesser la violence "serait
d'arrêter les crimes du régime sioniste et le génocide en cours
à Gaza".
RAIDS À KHAN YOUNÈS
D'après l'agence de presse officielle palestinienne Wafa
samedi, 18 Palestiniens ont été tués dans l'attaque israélienne
d'une maison située à l'est de Khan Younès, à Gaza.
Dans le village cisjordanien de Beit Rima, un jeune de 17
ans a été abattu par Tsahal et quatre autres personnes ont été
blessées, selon le ministère palestinien de la Santé.
Les habitants de Gaza, dont la plupart ont été déplacés par
les bombardements, sont confrontés à une crise humanitaire
majeure, avec des réserves de nourriture, de médicaments et de
carburant qui diminuent.
Devant une morgue à Khan Younès, dans le sud de la bande de
Gaza, Mahmoud Awad, 11 ans, a raconté samedi que ses parents et
ses frères et sœurs avaient été tués par des frappes aériennes
israéliennes.
"Nous étions dans le camp de réfugiés de Shati et ils
(l'armée israélienne) ont largué des tracts disant que Gaza
était un champ de bataille. Nous avons donc fui vers Khan Younès
parce que c'était un endroit sûr, et ils nous ont quand même
bombardés", a-t-il déclaré.
Israël nie avoir pris pour cible des civils mais affirme
aussi que des militants se mélangent à la population civile pour
compliquer la tâche de Tsahal.
Israël a publié des vidéos et des photos pour étayer ses
dires. Le Hamas conteste ces accusations.
Tsahal, qui dit avoir tué 8.000 militants depuis l'attaque
du Hamas du 7 octobre, a affirmé avoir achevé le démantèlement
des infrastructures militaires du Hamas dans le nord de la bande
de Gaza et dit son intention d'avoir une approche plus ciblée en
réponse à la pression mondiale l'exhortant à limiter les pertes
civiles. Israël a recensé 175 soldats tués au combat depuis le
début de son offensive.
(Avec Ari Rabinovitch à Jérusalem, Tuvan Gumrukcu à Istanbul,
Arafat Barbakh à Gaza, Nidal al-Mughrabi, Muhammad Al Gebaly et
Adam Makary au Caire;
Version française Elizabeth Pineau et Jean-Stéphane Brosse)