Israël annonce avoir tué le porte-parole de la branche armée du Hamas
information fournie par AFP 31/08/2025 à 21:27

Le porte-parole de la branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas, Abou Obeida, fait un discours à Gaza-ville, le 8 juin 2015 ( AFP / Mohammed ABED )

Israël a annoncé dimanche avoir tué le porte-parole de la branche armée du mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza, à l'heure où son armée poursuit son offensive dans le territoire palestinien affamé et ravagé par la guerre.

"Nous avons désormais peur de la nuit et de dormir dans nos tentes", affirme Iman Rajab, une habitante de Gaza, après des raids israéliens intenses ayant fait au moins 63 morts dimanche selon la Défense civile.

"Le porte-parole terroriste du Hamas, Abou Obeida, a été éliminé à Gaza et a rejoint les autres (personnes) éliminées de l'axe du mal d'Iran, du Liban et du Yémen au fond de l'enfer", a affirmé le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, sur son compte X.

L'armée israélienne a également fait état de la mort de "Houdhayfa al-Kahlout, alias Abou Obeida".

Le Hamas, dont l'attaque sans précédent le 7 octobre 2023 contre Israël a déclenché la guerre à Gaza, n'a pas réagi dans l'immédiat à cette annonce.

"Ce n'est pas fini, la plupart des dirigeants du Hamas se trouvent à l'étranger, et nous les atteindrons également", a déclaré le chef d'état-major de l'armée israélienne, Eyal Zamir.

Porte-parole des Brigades Ezzedine al-Qassam depuis 2002, Abou Obeida avait été l'un des chefs du Hamas à annoncer dans une vidéo l'attaque du 7-Octobre.

Depuis le début de la guerre, il a fait des dizaines de discours télévisés et publié des messages audio, ainsi que des communiqués de presse et des tweets sur les réseaux sociaux du mouvement. Il apparaît toujours en uniforme militaire et son visage couvert d'un keffieh.

Une nouvelle vague de bombardements israéliens nocturnes a ciblé plusieurs secteurs de la bande de Gaza, dont la ville éponyme contre laquelle l'armée s'apprête à lancer une offensive d'envergure pour en finir avec le Hamas.

Au lever du jour dimanche, de la fumée s'élevait dans le ciel au-dessus de Gaza-ville, dans le nord du territoire, selon des images de l'AFP. Devant une tente détruite, des couvertures tâchées de sang se mêlent aux décombres.

- "Horreur" -

"Nous prions Dieu pour que la guerre cesse car nous sommes fatigués des déplacements, nous avons peur et nous avons faim", affirme à l'AFP Iman Rajab, qui vit dans un camp de déplacés ciblé par une frappe dans le quartier de Maqousi.

Des Palestiniens transportent un enfant blessé sur le site d'une frappe israélienne sur le quartier d'Al-Rimal à Gaza-ville, le 30 août 2025 ( AFP / Omar AL-QATTAA )

"Horreur, peur et destruction. Le feu s'est déclaré dans toutes les tentes, seul Dieu nous a protégés du feu", indique Achraf Abou Amsha, habitant dans une tente plus loin.

Dans la morgue de l'hôpital Al-Chifa de Gaza-ville, des proches pleurent près de corps alignés par terre.

Dimanche, la Défense civile de Gaza a fait état de 63 personnes tuées au cours d'opérations militaires israéliennes dans le territoire palestinien, dont 24 près de sites de distribution d'aide.

Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a dit qu'elle se renseignait tout en rappelant qu'il lui était très difficile de réunir des informations sans l'horaire et les coordonnées précises des faits rapportés.

Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d'accès sur le terrain, l'AFP n'est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans et les informations des différentes parties.

Selon l'ONU, l'immense majorité des habitants ont été déplacés plusieurs fois par la guerre à Gaza, où les quelque deux millions d'habitants sont assiégés par Israël depuis près de 23 mois.

L'ONU a déclaré la famine dans ce petit territoire pauvre, mais Israël dément.

- Fuite des habitants -

Des manifestants qui brandissent des pancartes et des drapeaux réclament un cessez-le-feu dans la bande de Gaza et la libération des otages qui y sont retenus, à Tel-Aviv, le 30 août 2025 ( AFP / Jack GUEZ )

Samedi, la Croix-Rouge internationale a mis en garde contre une évacuation massive de la population de Gaza-ville, après que l'armée a jugé "inévitable" une telle évacuation en prévision de son offensive.

Des milliers d'habitants ont déjà fui la ville. Selon l'ONU, près d'un million de personnes vivent dans le gouvernorat de Gaza, incluant la ville et ses environs.

Avec l'offensive annoncée sur Gaza-ville, M. Netanyahu et ses alliés d'extrême droite disent vouloir en finir avec le Hamas et ramener les otages toujours retenus à Gaza.

Le Hamas a confirmé dimanche la mort de l'un de ses chefs, Mohammed Sinouar, trois mois après que l’armée israélienne a annoncé l'avoir tué dans une frappe à Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza.

Cette attaque a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 47 restent retenues à Gaza dont 25 ont été déclarées mortes par l'armée israélienne.

La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 63.459 morts à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.