Iran-Trump et Rubio donnent des raisons divergentes pour expliquer l'implication US information fournie par Reuters 03/03/2026 à 23:54
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi avoir ordonné des frappes contre l'Iran parce qu'il pensait que Téhéran était sur le point de lancer une attaque, ajoutant avoir presque forcé la main d'Israël dans cette campagne militaire, des commentaires venant contredire ceux effectués auparavant par le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio.
S'exprimant la veille, Marco Rubio a déclaré qu'un projet d'attaque d'Israël contre Téhéran avait incité les Etats-Unis à effectuer des frappes, de manière "préventive", par crainte de représailles iraniennes aux actions de l'Etat hébreu.
"Nous savions qu'il y aurait une action israélienne", a dit lundi aux journalistes le chef de la diplomatie américaine avant d'effectuer un compte-rendu à huis clos de l'opération en Iran à des élus du Congrès. "Nous savions que cela précipiterait une attaque contre les troupes américaines (..) et que nous aurions subi des pertes plus lourdes", a-t-il ajouté.
Donald Trump a rejeté mardi l'idée qu'Israël avait poussé Washington dans le conflit, suggérant l'opposé.
"Je leur ai probablement forcé la main", a-t-il dit à propos d'Israël lors de la réception du chancelier allemand Friedrich Merz à la Maison blanche.
"Nous avions des négociations avec ces lunatiques, et à mon avis ils allaient attaquer en premier", a ajouté le président américain devant les journalistes à propos de l'Iran.
"Si nous n'avions pas (frappé), ils auraient attaqué en premier. J'en étais convaincu".
Téhéran a dénoncé une agression non provoquée.
DES VOIX CONSERVATRICES ÉMETTENT DES CRITIQUES
Plusieurs commentateurs conservateurs de premier plan ont accentué dans la journée leurs critiques à propos des bombardements américains en Iran, mettant en avant le fait que les commentaires de Marco Rubio suggéraient qu'Israël, et non pas l'administration Trump, était décisionnaire.
"Donc il nous dit purement et simplement que nous sommes en guerre avec l'Iran parce qu'Israël nous a forcé la main", a écrit Matt Walsh, à la tête d'un podcast conservateur et suivi par quatre millions d'abonnés sur le réseau social X, en référence au secrétaire d'Etat américain. "C'est la pire chose qu'il aurait pu dire", a-t-il ajouté sur X.
Avant même les commentaires effectués par Marco Rubio lundi, des voix conservatrices avaient exprimé leur désapprobation à l'égard de la campagne militaire lancée samedi en Iran.
"Le travail de notre gouvernement n'est pas de faire attention à l'Iran ou à Israël. C'est de faire attention à nous", a dit Megyn Kelly aux auditeurs de son podcast, soulignant ses doutes à propos de la décision de Donald Trump. "Cela ressemble vraiment à mes yeux à la guerre d'Israël".
Ces critiques émises par la droite américaine interviennent alors que des élus républicains sont préoccupés par l'impact de la guerre en Iran sur les élections de mi-mandat au Congrès en novembre prochain ("midterms"), lors desquelles le parti espère conserver sa majorité dans les deux chambres.
Donald Trump a régulièrement fait campagne par le passé en promettant de ne plus impliquer les Etats-Unis dans des guerres coûteuses et sanglantes à l'étranger, une promesse importante aux yeux du mouvement MAGA.
Le président américain répondait mardi aux questions de journalistes pour la première fois depuis le lancement samedi de l'opération militaire des Etats-Unis et d'Israël en Iran.
"Cela devait être fait", a-t-il dit, sans avoir jamais expliqué en amont, avant samedi, les raisons d'entrer en guerre.
Interrogé mardi, lors d'une nouvelle visite au Capitole, sur ses commentaires de la veille, Marco Rubio a déclaré aux journalistes qu'"au final, c'est simple: le président a déterminé que nous n'allions pas être attaqués en premiers".
(Nandita Bose, Steve Holland et Nathan Layne, avec la contribution de Michael Martina; version française Jean Terzian)