Trump lance un nouvel ultimatum à l'Iran, une centrale nucléaire visée
information fournie par AFP 04/04/2026 à 21:13

Des représentants des médias se rassemblent autour du bâtiment endommagé de l’université Shahid Beheshti après une frappe, à Téhéran, le 4 avril 2026 ( AFP / - )

Le président américain Donald Trump a lancé samedi un ultimatum de 48 heures à l'Iran pour conclure un accord ou rouvrir le détroit stratégique d'Ormuz, tandis que les deux camps ont poursuivi leurs recherches pour retrouver un aviateur américain disparu après le crash d'un avion de combat la veille.

Au 36e jour de la guerre déclenchée par une offensive israélo-américaine contre l'Iran, une centrale nucléaire emblématique, un complexe pétrochimique et un terminal frontalier avec l'Irak ont été visés, attaques qui ont fait sept morts au total selon les autorités.

"Vous vous souvenez quand j'ai donné 10 jours à l'Iran pour CONCLURE UN ACCORD ou ROUVRIR LE DETROIT D'ORMUZ. Le temps presse - 48 heures avant de déchaîner les enfers sur eux", a écrit M. Trump sur sa plateforme Truth Social.

Le 26 mars, le dirigeant américain avait émis un ultimatum de 10 jours à Téhéran pour rouvrir cette voie maritime clé pour l'économie mondiale et bloquée par l'Iran depuis le début de la guerre. A défaut, M. Trump avait menacé de détruire les centrales électriques en Iran, l'échéance ayant alors été fixée au "lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington".

De son côté, l'Iran a annoncé samedi que les navires d'Irak, "pays frère", n'étaient pas soumis aux restrictions de navigation par le détroit, qui ne s'appliquent qu'aux "ennemis".

Plus tôt, la centrale nucléaire de Bouchehr, construite avec l'aide de la Russie, a été visée par une frappe. Seule installation nucléaire civile opérationnelle en Iran, elle a déjà été ciblée à quatre reprises depuis le début de la guerre le 28 février.

Selon l'agence de presse Irna, un projectile a touché "une zone proche de la centrale", où un garde a été tué. Aucun dommage n'a été recensé sur les installations, selon la même source.

La Russie a annoncé que près de 200 des employés du géant nucléaire Rosatom avaient commencé à évacuer la centrale.

Autres cibles de frappes israélo-américaines, un complexe pétrochimique du sud-ouest de l'Iran où cinq personnes sont mortes samedi, selon les autorités locales, ainsi qu'un terminal commercial à un poste-frontière avec l'Irak, tuant un ressortissant irakien.

Une cimenterie à Bandar Khamir (sud) a également été visée, sans faire de victimes, selon des médias iraniens. Plus de 30 universités ont été également ciblées depuis le 28 février, selon le ministre iranien des Sciences.

- Aviateur recherché -

Pendant ce temps, Téhéran et Washington s'activent pour retrouver un des deux occupants du premier avion américain à s'être écrasé en Iran depuis le début de la guerre.

L'armée iranienne a affirmé avoir abattu vendredi un chasseur-bombardier F-15E. Un des deux aviateurs s'est éjecté et a été exfiltré par des forces spéciales, le sort du second demeurant inconnu, ont rapporté des médias américains.

Un bâtiment endommagé par de récentes frappes est visible à travers un rideau installé sur une partie extérieure du palais historique du Golestan, à Téhéran, le 4 avril 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

La Maison Blanche s'est bornée à dire que M. Trump avait "été tenu informé" de la perte d'un appareil dans le sud-ouest de l'Iran.

Dans une interview à NBC, il a assuré que cela ne changeait "rien du tout" à la tenue d'éventuelles négociations avec Téhéran pour trouver une issue au conflit, qui ébranle l'économie mondiale.

Depuis le début de la guerre, aucun soldat américain n'a été tué ni capturé sur le sol iranien, mais 13 ont péri au Koweït, en Arabie saoudite et en Irak.

Un bâtiment de Rosh Haayin, dans la banlieue de Tel-Aviv, touché par une frappe iranienne le 4 avril 2026 ( AFP / Jack GUEZ )

Une vidéo authentifiée par l'AFP montre des policiers iraniens tirant en direction d'hélicoptères américains survolant un secteur de la région de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad (sud-ouest).

S'étendant à plusieurs pays de la région, les hostilités ont fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et endommagé ou détruit de nombreuses infrastructures militaires et civiles.

- Manifestations anti-guerre -

L'Iran dit viser les pays du Golfe qui abritent des intérêts américains, en représailles aux frappes visant son territoire.

Cette photographie aérienne montre un bâtiment endommagé après avoir été touché par une frappe iranienne dans un quartier résidentiel de Ramat Gan, près de Tel-Aviv, le 4 avril 2026 ( AFP / Jack GUEZ )

Il frappe aussi Israël où cinq personnes ont été blessées samedi à Tel-Aviv et dans le centre du pays après plusieurs salves de missiles ayant causé des dégâts matériels, selon les secours.

Samedi soir, l'armée israélienne a annoncé qu'un nouveau missile avait été tiré depuis le Yémen en direction d'Israël. Il s'agit de la cinquième attaque de ce type au départ du Yémen, où les rebelles houthis alliés de Téhéran sont entrés dans le conflit la semaine dernière.

Au Liban, où l'armée israélienne lutte contre le mouvement pro-iranien Hezbollah, deux fillettes ont été tuées et 40 personnes blessées dans des frappes israéliennes samedi dans le sud du pays, selon le ministère de la Santé.

Israël a annoncé la mort de l'un de ses soldats "au combat" samedi dans le sud du Liban, portant à 11 le nombre de militaires israéliens tués depuis le 2 mars sur ce théâtre d'opérations.

Egalement au Liban, la ville de Tyr a été bombardée samedi, et un hôpital endommagé. L'armée israélienne a par ailleurs appelé samedi soir les habitants d'une zone proche du poste-frontière d'Al-Masnaa, à la frontière syro-libanaise, à évacuer, avant des frappes, affirmant que le site était utilisé par le Hezbollah.

Dans le détroit d'Ormuz, les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont dit avoir visé par drone un navire "lié" à Israël, qui a pris feu dans un port de Bahreïn.

La navigation s'effectue au compte-gouttes dans ce détroit crucial pour l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz: un second navire appartenant à un armateur turc a pu passer, ainsi qu'un bateau battant pavillon indien chargé en GPL.

Manifestation pour dénoncer la guerre au Moyen-Orient dans la ville de Bassorah, dans le sud de l'Irak, le 4 avril 2026 ( AFP / Hussein FALEH )

Deux manifestations contre la guerre ont eu lieu samedi au Moyen-Orient: à Tel-Aviv, plus d'un millier de personnes se sont rassemblées avant d'être dispersées par la police qui avait limité l'autorisation à 150 personnes pour des raisons de sécurité.

A Bagdad et à travers l'Irak, des dizaines de milliers de partisans de l'influent chef chiite Moqtada Sadr se sont rassemblés pour condamner Israël et les Etats-Unis, et appeler à la fin du conflit.