Iran-Le Haut-Commissaire de l'Onu aux droits de l'homme dénonce la "répression brutale" des manifestations
information fournie par Reuters 23/01/2026 à 18:31

(Actualisé avec vote d'une motion)

par Emma Farge et Olivia Le Poidevin

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Turk, a exhorté vendredi l'Iran à mettre fin à la "répression brutale" des manifestations à l'occasion d'une session d'urgence du Conseil des droits de l'homme.

L'Iran a été le théâtre d'un des plus importants mouvements de contestation que le régime islamique ait connus depuis la Révolution de 1979 qui l'a conduit au pouvoir.

La répression menée par les autorités iraniennes a fait plusieurs milliers de morts, selon des ONG.

"J'appelle les autorités iraniennes à reconsidérer, à se retirer et à mettre fin à leur répression brutale", a déclaré le Haut-Commissaire Volker Turk, exprimant son inquiétude concernant les personnes arrêtées.

Au moins 50 pays, notamment l'Islande, l'Allemagne, le Royaume-Uni, le Ghana et la France, ont soutenu l'appel lancé par Volker Turk lors de la session d'urgence tenue à Genève en Suisse.

"C'est la pire tuerie de masse dans l'Histoire contemporaine de l'Iran", a affirmé Payam Akhavan, un ancien procureur onusien irano-canadien.

L'ambassadeur iranien aux Nations unies, Ali Bahreini, a remis en cause la validité de cette session d'urgence.

"La République d'Iran ne reconnaît pas la légitimité ou la validité de cette session spéciale et des résolutions qui en découlent", a-t-il déclaré, avançant un bilan officiel de plus 3.000 manifestants iraniens tués.

La Chine, le Pakistan, Cuba ou encore l'Ethiopie ont également fait écho aux critiques iraniennes, l'ambassadeur de Pékin à l'Onu, Jia Guide, rappelant que les manifestations étaient un "sujet d'affaires internes" iraniennes.

Une motion prolongeant de deux ans le mandat de l'Onu, instauré en 2022, pour enquêter sur les violations des droits en Iran a été adoptée au terme de la session d'urgence. Le texte appelle également à une enquête distincte sur les violences des forces de sécurité depuis le 28 décembre dernier.

Vingt-cinq Etats ont voté pour, sept contre, et 14 se sont abstenus.

(Version française Zhifan Liu; édité par Sophie Louet)