Iran-L'ayatollah Khamenei accuse Trump d'être responsable des manifestations meurtrières information fournie par Reuters 17/01/2026 à 16:41
(Actualisé avec précisions)
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a accusé samedi le président américain Donald Trump d'être responsable de la mort de "plusieurs milliers" de personnes durant les manifestations qui ont fait plus de 3.000 décès en Iran ces dernières semaines, selon une ONG.
"Nous ne plongerons pas le pays dans la guerre, mais nous ne laisserons pas les criminels intérieurs ou internationaux être impunis", a déclaré le guide suprême iranien, cité par les médias étatiques iraniens.
Le régime iranien accuse des émeutiers déguisés en manifestants d'être responsables des violences, les qualifiant de "terroristes" et arguent que les Etats-Unis et Israël sont à l'origine du soulèvement.
"Nous considérons le président américain comme un criminel pour les pertes humaines, les dommages et les calomnies qu'il a infligés à la nation iranienne", a déclaré Ali Khamenei.
"Ceux affiliés à Israël et aux Etats-Unis ont causé des dommages importants et tué plusieurs milliers (de personnes)", a-t-il ajouté.
Donald Trump a brandi la menace d'une "action très forte" des Etats-Unis en cas d'exécution par l'Iran de manifestants avant d'avancer que Téhéran avait renoncé à de telles pratiques.
"Je respecte profondément le fait que toutes les pendaisons prévues, qui devaient avoir lieu hier (plus de 800), aient été annulées par les dirigeants iraniens. Merci !", a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
Les autorités iraniennes n'ont jamais dit avoir l'intention de procéder à de telles exécutions.
PLUS DE 3.000 MORTS, SELON UNE ONG
Les manifestations ont éclaté le 28 décembre en raison de l'inflation galopante en Iran, dont l'économie est paralysée par les sanctions, devenant par la suite l'un des plus importants mouvements de contestation que le régime islamique ait connu depuis la révolution de 1979 qui l'a conduit au pouvoir.
L'ONG HRANA basée aux Etats-Unis fait état d'un bilan de 3.090 morts, dont 2.885 manifestants, et de plus de 22.000 arrestations.
Le procureur général de l'Iran a prévenu la semaine dernière que les personnes interpellées encouraient des peines sévères.
Des habitants ont indiqué que la répression semblait avoir largement étouffé les manifestations pour le moment et les médias officiels iraniens ont fait état de nouvelles arrestations.
A Téhéran, des habitants ont déclaré que la capitale était calme depuis quatre jours et ont fait état de drones survolant la ville, sans signes de manifestations jeudi ou vendredi.
Les habitants interrogés ont refusé d'être identifiés, pour des raisons de sécurité.
La presse locale rapporte que la connexion internet a été rétablie pour certains utilisateurs iraniens qui ont été coupés du monde pendant plusieurs jours.
Un habitant de Karaj, à l'ouest de la capitale iranienne, a déclaré par WhatsApp avoir observé un retour de sa connexion internet à 4h00 du matin samedi. La ville de Karaj a été le théâtre des manifestations les plus violentes de ces derniers jours.
Plusieurs ressortissants iraniens vivant à l'étranger ont rapporté sur les réseaux sociaux avoir pu envoyer des messages à des utilisateurs en Iran samedi matin.
Les médias iraniens ont rapporté que le gouvernement iranien avait procédé à plusieurs arrestations de personnes considérées comme étant des meneurs du soulèvement.
Une femme, Nazanin Baradaran, qui opérerait sous le pseudonyme de Raha Parham au nom de Reza Pahlavi, le fils du dernier Shah d'Iran, a joué un rôle prépondérant dans l'organisation des manifestations, selon la presse locale. Reuters n'était pas en mesure de confirmer ces informations.
Opposant de longue date et exilé aux Etats-Unis, Reza Pahlavi, s'est positionné comme un dirigeant potentiel en cas de chute du régime iranien.
Les dirigeants israéliens ont dit soutenir la candidature de Reza Pahlavi. A l'occasion d'une rare déclaration publique sur le sujet, le ministre israélien de l'Héritage, Amichai Eliyahu, a dit dans une interview accordée à la radio de l'armée d'Israël que l'Etat hébreu possédait des opérateurs "sur le terrain" en Iran.
Ils ont pour but d'affaiblir les capacités iraniennes, a-t-il précisé, tout en niant leur implication directe dans la tentative de renverser le régime iranien.
Dans le nord-ouest du pays, dans la ville de Mashhad, 22 meneurs ont été arrêtés alors que plus de 10 personnes sont soupçonnées d'avoir commis des meurtres et 50 autres accusées d'avoir incendié des biens publics et privés, selon des médias.
Dans la province du nord de Gilan, les autorités ont déclaré que 50 "meneurs" avaient été placés en détention et que plus de 1.500 personnes avaient été arrêtées.
La télévision d'État a rapporté que deux hommes liés au Mujahedeen Khalq, un groupe d'opposition iranien en exil qui prône le renversement de la République islamique, avaient été arrêtés à Téhéran.
(Rédaction de Dubaï; avec Saurabh Sharma à New Delhi; version française Camille Raynaud, Zhifan Liu et Gilles Guillaume)