Iran: des vols internationaux annulés après le verrou américain
information fournie par AFP 23/09/2026 à 23:02

Un avion de la compagnie iranienne Mahan Air sur le tarmac de l'aéroport de Dubaï le 14 septembe 2017 ( AFP / GIUSEPPE CACACE )

Les principales compagnies aériennes iraniennes ont été contraintes mercredi d'annuler des vols internationaux après que Washington a juré d'être intraitable à l'égard des entreprises leur prêtant assistance.

Tous les avions ne sont cependant pas cloués au sol. Un appareil de Mahan Air, l'une des deux principales compagnies iraniennes à desservir l'international, s'est posé vers 08H40 GMT en Chine.

La veille, Pékin avait balayé les menaces des Etats-Unis de sanctions contre quiconque garderait des liens avec le secteur aérien iranien, rejetant des mesures "unilatérales illégales".

Des pays limitrophes de l'Iran ont quant à eux appliqué les sanctions américaines, s'attirant les menaces de leur voisin.

"Si un pays entre en collaboration ou s'engage dans des aventures avec les Etats-Unis, ses aéroports ne pourront plus assurer de vols", a averti le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohsen Rezaï, dans un entretien à la télévision d'Etat.

"Je demande à tous nos chers pays voisins de ne pas s'engager dans cette aventure. Elle est vouée à l'échec", a martelé le haut responsable iranien.

Pour accentuer la pression économique sur Téhéran, le gouvernement américain a affirmé début septembre vouloir clouer au sol l'entièreté du secteur aérien iranien en lui rendant la vie impossible, via une application extensive de son arsenal de sanctions.

Les principales compagnies du pays, Iran Air et Mahan Air, étaient déjà sanctionnées par les Etats-Unis depuis plusieurs années. Vingt-sept transporteurs iraniens opérant à l'échelle locale ou régionale ont été à leur tour placés sur liste noire de Washington le 8 septembre.

La mesure laissait aux entreprises en dehors d'Iran jusqu'au 23 septembre pour se mettre en conformité en rompant les relations avec ces compagnies, par exemple en cessant de mettre du kérosène dans leurs avions.

Un non-respect de l'embargo américain leur fait courir le risque d'être à leur tour placées sur liste noire et donc d'être coupées du système financier en dollars.

"Les pays et les entreprises ne peuvent plus faire mine de pas savoir (ce qu'elles encourent, ndlr) en facilitant les activités illicites de l'Iran", a affirmé mercredi un porte-parole du ministère américain des Finances, qui gère les santions, dans une déclaration transmise à l'AFP.

Situation "instable"

L'intransigeance affichée par Washington a déjà montré certains effets. Mardi, Mahan Air a annoncé la suspension de tous ses vols vers la Turquie voisine à la demande des autorités turques.

Et mercredi, une importante agence de voyages de Téhéran indiquait à l'AFP que les vols vers Bagdad (Irak), Mascate (Oman), le Qatar, la Géorgie et l'Azerbaïdjan étaient suspendus.

"La situation est instable et nous ne vendons plus de billets pour le moment par crainte d'annulations", a résumé pour l'AFP et sous couvert d'anonymat un agent de voyages.

L'Iran compte près de 30 compagnies aériennes mais la plupart ne font que des liaisons intérieures. La compagnie nationale Iran Air et Mahan Air (privée) effectuent en temps normal - et malgré les sanctions américaines qui étaient déjà applicables - la plupart des liaisons vers l'étranger, essentiellement des pays limitrophes mais aussi la Russie et la Chine.

Avant l'entrée en vigueur des nouvelles restrictions, Iran Air avait assuré dans un communiqué n'avoir reçu aucune instruction officielle de la part de la Turquie, de l'Azerbaïdjan ou de l'Irak lui interdisant de desservir ces pays limitrophes de l'Iran.

La compagnie avait notamment un vol prévu vers Istanbul depuis l'aéroport international de Téhéran mercredi, selon le site internet de l'aéroport.

En Irak, où les autorités n'ont pas encore donné de position officielle, l'aéroport de Bagdad est fermé aux avions iraniens, mais pas celui de Najaf, ville sainte appréciée des pèlerins venus d'Iran, a indiqué l'agence iranienne Tasnim.

Les frappes israélo-américaines contre l'Iran fin février, qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient, avaient déjà entraîné la fermeture totale de l'espace aérien iranien.

Le trafic a depuis partiellement repris mais seules des compagnies iraniennes peuvent quitter l'Iran.