Iran-Au moins 5.000 morts après les manifestations en Iran, selon un responsable
information fournie par Reuters 18/01/2026 à 15:46

Au moins 5.000 personnes, dont 500 membres de la sécurité iranienne, ont été tuées dans les manifestations qui ont secoué l'Iran, a déclaré dimanche un responsable iranien dans la région, citant des chiffres vérifiés et accusant des "terroristes et émeutiers armés" de tuer des "Iraniens innocents".

Les manifestations ont éclaté le 28 décembre en raison de l'inflation galopante en Iran, dont l'économie est paralysée par les sanctions, devenant par la suite l'un des plus importants mouvements de contestation que le régime islamique ait connu depuis la révolution de 1979 qui l'a conduit au pouvoir.

Donald Trump a brandi la menace d'une "action très forte" des Etats-Unis en cas d'exécution par l'Iran de manifestants avant d'avancer que Téhéran avait renoncé à de telles pratiques.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a accusé samedi le président américain Donald Trump d'être responsable de la mort de "plusieurs milliers" de personnes durant les manifestations.

"Nous ne plongerons pas le pays dans la guerre, mais nous ne laisserons pas les criminels intérieurs ou internationaux être impunis", a déclaré le guide suprême iranien, cité par les médias étatiques iraniens.

Le régime iranien accuse des émeutiers déguisés en manifestants d'être responsables des violences, les qualifiant de "terroristes" et argue que les Etats-Unis et Israël sont à l'origine du soulèvement.

"Nous considérons le président américain comme un criminel pour les pertes humaines, les dommages et les calomnies qu'il a infligés à la nation iranienne", a déclaré Ali Khamenei.

"Ceux affiliés à Israël et aux Etats-Unis ont causé des dommages importants et tué plusieurs milliers (de personnes)", a-t-il ajouté.

Sous couvert d'anonymat, le responsable iranien a rapporté que le bilan ne devrait pas "augmenter sensiblement", ajoutant qu'Israël avait soutenu et armé ceux qui ont défilé dans les rues.

RISQUE D'EXÉCUTIONS À VENIR

Le porte-parole de la justice iranienne Asghar Jahangir a dit lors d'une conférence de presse dimanche que des exécutions pourraient avoir lieu dans les prochains jours.

"Des actions ont été identifiés comme Mohareb, qui fait partie des punitions les plus sévères dans l'Islam", a-t-il déclaré.

Mohareb, un terme juridique de l'islam qui signifie mener une guerre contre Dieu, est punissable de la peine de mort, selon la loi iranienne.

Des habitants ont indiqué samedi que la répression semblait avoir largement étouffé les manifestations pour le moment.

Donald Trump a déclaré dans une interview accordée dimanche à Politico qu'il "était temps de chercher une nouvelle gouvernance en Iran".

L'ONG HRANA basée aux Etats-Unis fait état d'un bilan de 3.308 morts et de plus de 24.000 arrestations. L'association dit également procéder à la vérification de 4.382 cas.

Un habitant de Téhéran a rapporté avoir vu des policiers anti-émeute tirer directement sur un groupe de manifestants, majoritairement composé de jeunes femmes et jeunes hommes.

Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, dont certaines ont pu être vérifiées par Reuters, montrent des forces de l'ordre réprimer violemment des manifestations à travers le pays.

Les affrontements les plus intenses ont été observés dans le nord-ouest du pays, dans les zones à majorité kurde de l'Iran, où le bilan est également le plus élevé, selon le responsable iranien.

(Reportage complémentaire de Mubasher Bukhari à Lahore; version française Zhifan Liu)