Intox sur Garrido et Corbière: procès requis contre Lagarde pour escroquerie en bande organisée
information fournie par AFP 25/05/2026 à 19:05

FJean-Christophe Lagarde, alors président de l'UDI, lors d'un conseil extraodinaire du parti à Vincennes, près de Paris, le 22 janvier 2022 ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Un procès pour escroquerie en bande organisée a été requis contre l'ex-patron de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, son ancien chauffeur et un ex-policier, accusés d'avoir fait diffuser une fausse information sur Raquel Garrido, alors son adversaire LFI aux élections législatives de 2022, a appris lundi l'AFP de source proche du dossier.

L'article avait été publié par l'hebdomadaire Le Point après le second tour des législatives. Le journaliste Aziz Zemouri y écrivait que Raquel Garrido et son mari Alexis Corbière avaient recours à une femme de ménage sans papiers. Dès le lendemain, le journal avait retiré l'article en ligne et admis publiquement son caractère "faux" et "mensonger".

Le couple avait porté plainte, mais aussi M. Zemouri, qui avait quitté l'hebdomadaire après cette affaire et présenté ses excuses.

Une information judiciaire était ouverte en septembre 2022.

En avril 2026, le parquet a estimé que M. Lagarde, son ex-chauffeur et l'ancien policier avaient "participé, selon un rôle propre mais complémentaire, à une opération frauduleuse d'ensemble", d'après ses réquisitions dont l'AFP a eu connaissance.

Il est reproché à l'ancien chauffeur de M. Lagarde d'avoir été "à l'origine du scénario fictif", en "fabriquant" des échanges Whatsapp, des captures d'écran, etc..

Outre l'escroquerie en bande organisée, le parquet demande à son encontre un procès pour faux, usage de faux et usurpation d'identité. Ses avocats n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

Le parquet estime qu'il existe "un faisceau d'indices concordants" incriminant M. Lagarde, son chauffeur assurant notamment qu'il était sous "sa pression constante" pour "trouver des éléments compromettants sur des opposants politiques", même si M. Lagarde ne lui avait "jamais explicitement ordonné de monter une fausse affaire".

"Ce dossier ne fait absolument pas la démonstration d'une quelconque intention ou responsabilité de M. Lagarde", a rétorqué auprès de l'AFP son avocat Gérard Zbili.

Le ministère public reproche aussi à un ancien policier devenu chroniqueur de presse d'avoir été un "intermédiaire actif et déterminant" entre M. Lagarde et le journaliste.

"Mon client a donné des informations à un journaliste, en lui demandant de faire des investigations", a répondu à l'AFP son avocat, Pierre-Henri Baert.

"M. Zemmouri a fait des investigations qui auraient dû lui permettre d'identifier le caractère incertain de l'information. Il a pourtant choisi de publier", a-t-il déploré, voyant dans la procédure pénale "un contre-feu allumé par M. Zemouri pour tenter de minimiser sa responsabilité". M. Zemouri a été condamné en mai 2025 pour diffamation.

Jean-Christophe Lagarde a retrouvé son siège de maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) en mars après sa victoire dès le premier tour des municipales avec plus de 63% des voix.