Intelligence artificielle : la pépite française Mistral investit 1,2 milliard d'euros dans un centre de données en Suède
information fournie par Boursorama avec Media Services 11/02/2026 à 13:19

"Cette initiative constitue une étape majeure vers l'indépendance technologique de l'Europe", en permettant de proposer une "solution d'IA intégralement européenne", selon l'entreprise.

( AFP / LIONEL BONAVENTURE )

C'est le plus gros investissement de son histoire et son premier en dehors de la France. La pétite tricolore de l'intelligence artificielle, Mistral, a annoncé mercredi 11 février, mettre 1,2 milliard d'euros sur la table pour la construction de centres de données en Suède.

Cet investissement "comprend le développement de data centers spécialisés en intelligence artificielle, de capacités de calcul avancées et de solutions d'IA localisées", a détaillé Mistral, qui s'associe pour ce projet à l'entreprise suédoise EcoDataCenter. Cette première infrastructure d'IA conçue hors de France pour Mistral devrait être mise en service en 2027 .

Ce site de 23 megawatts va permettre à Mistral, qui déploie à l'heure actuelle 40 mégawatts en France, d'augmenter de 50% des capacités, a noté Les Échos .

Pour l'entreprise, "cette initiative constitue une étape majeure vers l'indépendance technologique de l'Europe" , en permettant de proposer une "solution d'IA intégralement européenne", de la conception des modèles jusqu'au traitement des données.

D'après Les Échos, le site sera alimenté entièrement grâce aux énergies renouvelables et sera équipé de puces Nvidia Vera Rubin. "À l'heure actuelle, Nvidia est clairement le meilleur fournisseur et nous entretenons une relation solide, notamment en matière d'open source. Mais cela ne signifie pas pour autant que pour la prochaine étape, nous ne serons pas ouverts à collaborer avec d'autres acteurs", a expliqué aux Échos la directrice des affaires publiques de Mistral, Audrey Herblin-Stoop.

Dernière cartouche européenne pour l'IA

Alors que la question de la souveraineté et de l'indépendance technologique de l'Europe agite le débat public, Mistral est le seul européen à tenter de rester dans la course aux grands modèles d'IA, face aux géants américains que sont OpenAI et son agent conversationnel ChatGPT, mais aussi Antropic ou Google.

Loin derrière ces mastodontes en termes d'investissements ou de valorisation , l'entreprise a néanmoins réussi à se développer à un rythme rare pour une entreprise de la tech française. D'après son dirigeant, Arthur Mensch, elle devrait dépasser un milliard d'euros de revenus d'ici la fin de l'année.

L'entreprise, qui s'est orientée vers le marché des entreprises, à l'inverse de nombre de ses concurrents qui séduisent le grand public, a bouclé en septembre sa dernière levée de fonds en date. Avec 1,7 milliard d'euros, soit l'une des plus importantes levées pour une jeune pousse française, l'entreprise avait alors quasiment doublé sa valorisation, à 11,7 milliards d'euros.

"De plus en plus d'industries en Europe reconnaissent la nécessité d'un contrôle sécurisé des infrastructures qu'elles utilisent pour entraîner ou déployer l'IA . Je pense que ce projet présente un fort potentiel pour répondre à ce besoin qui, jusqu'à présent, n'était pas satisfait", a estimé Audrey Herblin-Stoop.