Inde: Tata Sons reconduit N. Chandrasekaran comme président exécutif information fournie par Boursorama avec AFP 17/09/2026 à 14:22
Tata Sons, la holding du groupe indien Tata, a annoncé jeudi que son conseil d'administration a voté la reconduction au poste de président exécutif pour un nouveau mandat de cinq ans de Natarajan Chandrasekaran, qui revient ainsi sur sa décision de ne pas se représenter.
Tata Sons est la principale holding du plus grand conglomérat indien, présent dans des secteurs allant du sel aux logiciels.
Lors de l'exercice 2024-2025, les sociétés du groupe ont généré plus de 180 milliards de dollars (156 milliards d'euros) de chiffre d'affaires et employaient au total plus d'un million de personnes.
Tata Group traverse une crise de gouvernance depuis un an à la suite notamment de divergences au sein du conseil d'administration sur plusieurs questions, dont les pertes subies par certaines entreprises du groupe.
M. Chandrasekaran avait déclaré mi-août qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat à son expiration début 2027, à la suite de différends avec le président de Tata Trusts, Noel Tata.
Le comité des nominations et des rémunérations du conseil d'administration lui a toutefois demandé de revenir sur cette décision, invoquant sa "contribution" au groupe Tata, ainsi que les "intérêts supérieurs" du conglomérat, a indiqué Tata Sons dans un communiqué.
M. Chandrasekaran, 63 ans, "a accédé à la demande du conseil de reconsidérer sa décision", a affirmé Tata Sons.
Dans un communiqué séparé, Tata Trusts a jugé "illégale" la reconduction de M. Chandrasekaran à son poste.
Introduction en Bourse
Tata Trusts est un ensemble d'organisations philanthropiques qui détient 66% de Tata Sons, ce qui lui confère une influence décisive sur la gouvernance du groupe.
"La décision du conseil d'administration de le reconduire malgré le vote défavorable de Noel Tata, l'un de ses administrateurs, constitue une nullité juridique au regard des statuts de Tata Sons", a-t-il affirmé.
Noel Tata est le demi-frère de l'ancien patriarche du groupe Ratan Tata, décédé en 2024, et il est à la tête de Tata Trusts qui ne joue aucun rôle dans la gestion quotidienne du conglomérat. Cependant, sa participation au capital de la société mère lui confère une influence déterminante sur l'avenir du groupe.
Tata Trusts a indiqué avoir accepté la décision de M. Chandrasekaran de ne pas briguer un nouveau mandat, en février 2027, et avoir déjà demandé la création d’un comité de sélection chargé de choisir son successeur.
Plusieurs activités clés du groupe, comme le géant des services informatiques Tata Consultancy Services, pâtissent du ralentissement des dépenses technologiques à l'échelle mondiale.
D'autres paris coûteux, notamment l'acquisition d'Air India en 2022 et la décision d'investir des milliards dans la fabrication de semi-conducteurs, n'ont pas encore porté leurs fruits.
La banque centrale de l’Inde souhaite que Tata Sons entre en Bourse, ce qui permettrait aux actionnaires des sociétés du groupe d'avoir une plus grande transparence sur le fonctionnement du conglomérat.
Selon Shriram Subramanian, du cabinet de conseil aux actionnaires InGovern Research, une introduction en Bourse réduirait toutefois l'influence de Tata Trusts sur le groupe.
Une introduction en Bourse de Tata Sons, si elle devait avoir lieu, pourrait être l'une des plus importantes jamais réalisées en Inde.