Inde : la banque centrale relève son taux directeur à 5,50 %
information fournie par Boursorama avec AFP 07/10/2026 à 08:22

La banque centrale indienne (RBI) a relevé mercredi pour la première fois depuis trois ans son principal taux directeur, en raison notamment du conflit au Moyen-Orient qui alimente l'inflation et pèse sur une roupie déjà faible.

( AFP / NIHARIKA KULKARNI )

Le gouverneur de la RBI, Sanjay Malhotra, a annoncé que le taux d'intérêt de base pour les prêts aux banques commerciales sera relevé de 25 points de base, à 5,50%, après un vote unanime des six membres de la commission chargée de fixer sa politique monétaire.

La banque centrale indienne se met ainsi au diapason de plusieurs banques centrales à travers le monde, qui ont relevé leurs taux d'intérêt afin de contenir l'inflation ou de soutenir leur monnaie.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la RBI avait choisi de laisser son taux "repo" de référence inchangé, en attendant d'évaluer l'impact de la volatilité des prix du pétrole sur la principale grande économie à la croissance la plus rapide au monde.

La vigueur de la croissance du PIB, qui a dépassé les attentes au trimestre dernier, permet désormais à la RBI de se concentrer sur l'inflation dans un pays qui importe l'essentiel de son énergie et qui a connu des pluies de mousson moins abondantes qu'attendu, susceptible d'entraîner une flambée des prix alimentaires.

L'inflation de détail a atteint 4,82% en août, pour le troisième mois consécutif au-dessus de l'objectif à moyen terme de 4% fixé par la RBI, les données suggérant que les pressions inflationnistes s'étaient étendues au-delà des seuls secteurs de l'alimentation et des transports.

Autre élément pris en compte par la banque centrale : la pression sur la roupie indienne, qui évolue à des niveaux proches de ses plus bas historiques depuis une semaine.

Pour enrayer cette chute, la RBI a mis en œuvre une série de mesures visant à attirer les flux de dollars, notamment un programme de dépôts destiné à la diaspora indienne, qui a permis de lever quelque 127 milliards de dollars.

Si ces mesures ont contribué à stopper les pertes de la roupie, la monnaie fait face à de nouveaux défis, les investisseurs étrangers continuant de se délester des actions indiennes tandis que le brut oscille autour de 100 dollars le baril.

Troisième importateur mondial de pétrole, l'Inde fait transiter la moitié de ses importations d'hydrocarbures par le détroit d'Ormuz, dont le trafic reste largement paralysé depuis le début du conflit.

Les analystes estiment que cela fait de New Delhi l'une des économies les plus vulnérables face à un choc énergétique mondial, la hausse des prix du pétrole brut et des engrais pesant sur la facture des importations indiennes.