Incident de Leipzig : après les accusations de l'Allemagne contre la Russie, l'UE évoque un acte de "terrorisme soutenu par un État"
information fournie par Boursorama avec Media Services 02/09/2026 à 13:02

L'UE pourrait prendre de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie, dans le sillage de l'Allemagne.

Kaja Kallas à Wicklow, en Irlande, le 1er septembre 2026. ( AFP / PAUL FAITH )

L'Union européenne a accusé à demi-mots la Russie de terrorisme d'Etat alors que l'Allemagne a accusé Moscou d'être reponsable de l'incident impliquant un drone chargé d'explosifs début août à l'aéroport de Leipzig. Cet épisode présente "les caractéristiques d'un acte de terrorisme soutenu par un Etat", a estimé la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas mercredi 2 septembre.

L'UE a annoncé la convocation du chargé d'affaires russe à Bruxelles pour protester contre cette nouvelle attaque "hybride", attribuée à la Russie. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, présent en Irlande pour une réunion de ses homologues de l'UE, a également annoncé avoir convoqué l'ambassadeur russe à Paris.

L'Allemagne a annoncé mardi des mesures de rétorsion contre la Russie , après l'avoir accusée d'avoir envoyé un drone chargé d'explosifs début août à l'aéroport de Leipzig, une plateforme militaire capitale pour l'armée allemande et pour l'Otan.

Réunis mercredi à Wicklow, près de Dublin, les chefs de la diplomatie de l'UE vont discuter "de ce que nous pouvons faire de plus", a indiqué sur ce point Kaja Kallas. "En voyant ces attaques hybrides à travers l'Europe, je pense que ce sont aussi des signaux d'alarme pour les pays qui n'ont peut-être pas été très fermes sur ce point ", a-t-elle jugé.

Nouvelles sanctions

"Si nous voulons mettre fin à cette guerre, nous devons tous concentrer nos efforts. Passer à un niveau supérieur ", a-t-elle encore dit, évoquant une nouvelle série de sanctions visant individus et entités russes. "Nous avons déjà 1.600 inscriptions en préparation visant le complexe militaire de la Russie, et il est possible que d'autres soient ajoutées", a-t-elle ajouté.

La recrudescence d'attaques "hybrides" attribuées à la Russie en Europe ont pour but de briser l'unité des Européens dans leur soutien à l'Ukraine, ont relevé plusieurs ministres. "Le résultat de ces tentatives est un échec et c'est même l'inverse qui s'est produit puisque notre soutien à l'Ukraine n'a cessé de se renforcer", a affirmé Jean-Noël Barrot.

"La Russie doit désormais comprendre que sa voie, consistant à rechercher des solutions militaires et à imposer ses revendications par la violence, y compris par des moyens hybrides, a échoué ", a déclaré de son côté son homologue allemand Johann Wadephul.

Invité à cette réunion des 27, le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Miliband a lui aussi assuré l'Ukraine du soutien de son pays.

"Nous voyons une tentative de la Russie de nous diviser en Europe et de nous dissuader de soutenir l'Ukraine, et je le dis aujourd'hui très clairement au nom du Royaume-Uni : cette tentative échouera", a-t-il affirmé à son arrivée à Wicklow.