Incendies : le projet d'une base de Canadair dans le Sud-Ouest refait surface après avoir été écarté
information fournie par Boursorama avec Media Services 17/08/2026 à 17:03

La Sécurité civile ne dispose jusqu'à présent que d'une seule base aérienne, à Nîmes-Garons. La proposition vise à établir une seconde base, à Mont-de-Marsan.

Un Canadair CL-415 en intervention à Luglon (Landes), le 14 août 2026 ( AFP / GAIZKA IROZ )

Eprouvé par les mégafeux au cours des dernières années, le Sud-Ouest va t-il disposer de sa propre base de Canadair? A l'occasion de la visite du gouvernement en Gironde lundi 17 août, le ministre de l'Intérieur a indiqué que le projet d'installation d'une base aérienne de la Sécurité civile à Mont-de-Marsan (Landes) pour lutter contre les incendies, qui n'avait pas été retenu, sera de nouveau étudié.

Le ministre de l'Intérieur s'exprimait lors d'une conférence de presse à Mérignac au côté du chef du gouvernement Sébastien Lecornu, venu en Gironde au chevet des sinistrés des incendies. Laurent Nuñez a défendu le choix du gouvernement au printemps 2025 de renoncer à ce projet d'installation d'une base aérienne pouvant accueillir des Canadair à Mont-de-Marsan. La Sécurité civile dispose actuellement d'une base aérienne à Nîmes-Garons (Gard).

La stratégie de "pré-positionnement" sous le feu des critiques

Ce "projet n'a pas été abandonné. Il n'a pas été mis en oeuvre pour des raisons essentiellement opérationnelles et non pas financières", a-t-il assuré. Les ministres de l'Intérieur successifs, a-t-il poursuivi, "ont préféré le pré-positionnement" de moyens aériens "au plus près des théâtres des opérations". "C'est le choix qui a été fait", a insisté le ministre.

En mai 2025, le ministre délégué du ministère de l'Intérieur, François-Noël Buffet, avait fait valoir, dans une réponse à une question du sénateur de Gironde Hervé Gillé, "les résultats opérationnels très satisfaisants" de la stratégie de prépositionnement estival. Le ministre avait alors confirmé la prolongation de ces "détachements saisonniers", qualifiés de "dispositif agile et adaptable".

La donne a depuis changé, marquée par le traumatisme du mégafeu ayant parcouru 42.000 hectares à travers la Gironde. "Maintenant", le Premier ministre "m'a saisi pour que nous étudiions la question financièrement et surtout opérationnellement", a ainsi commenté Laurent Nuñez. Mais "il ne faut pas penser que l'installation d'une base aérienne ici, au plus près du massif des Landes, de Gironde, serait la solution idéale. Derrière il y a des coûts de maintenance, des coûts d'entretien. Tout cela se regarde", a t-il tempéré.

Le président de la région Nouvelle-Aquitaine a critiqué auprès de France 3 la stratégie de prépositionnement défendue par le gouvernement, dénonçant un manque de moyens mobilisés. "Lors du mégafeu en Gironde, seulement deux Canadair ont pu être mobilisés durant les premières heures, or c’est à ce moment que l’on peut circonscrire le feu", a ainsi insisté Alain Rousset, réclamant désormais un "engagement ferme" pour l'établissement d'une base permanente.

Les oppositions ont reproché à plusieurs reprises à Emmanuel Macron et ses gouvernements de ne pas avoir anticipé les risques d'incendies de forêts multiple du fait du changement climatique ni dégagé des moyens matériels et financiers suffisants, comme la commande de Canadair supplémentaires ou l'installation d'une base à Mont-de-Marsan.