Incendie ayant fait huit morts: les trois accusés interrogés devant la cour d'assises information fournie par AFP 02/10/2026 à 23:31
Les trois hommes accusés d'être responsables de l'incendie ayant fait huit morts en février 2022 dans les Pyrénées-Orientales ont été interrogés pour la première fois vendredi, au deuxième jour de leur procès devant la cour d'assises.
"Je suis désolé pour toutes les victimes, même si je n’ai rien à me reprocher. C’est comme ma famille. Et cette épicerie c’était comme mon bébé. Je n’aurais jamais pu faire ça", a déclaré Khaled Ben Abdeljelil, 46 ans, soupçonné d'avoir commandité l'incendie de son propre commerce avec l'objectif d'encaisser une prime d'assurance.
"J’ai mal au cœur pour les morts, mais je n’ai jamais fait ça", a assuré peu après son frère Raouf, 44 ans.
Le troisième accusé, Madjid Mekhelfi, un sans-papiers de 32 ans qui a reconnu avoir mis le feu, affirme l'avoir fait à la demande de Khaled Ben Abdeljelil, en échange d'un futur emploi et d'un coup de main pour obtenir ses papiers.
"Je suis là pour la vérité, pour les enfants qui sont partis. Je revois encore les photos dans ma tête. Bien sûr que j’ai honte. Jamais j’aurais pensé qu’il arrive un truc comme ça. Je regrette de les avoir rencontrés. C'est eux qui m’ont fait ce problème", a-t-il affirmé, à propos des deux autres accusés.
"J’avais de très bons rapports avec eux. Je passais les après-midi à l’épicerie, je jouais avec la fille de Khaled et les enfants de l’immeuble qui sont morts", s'est-il souvenu, alors que les deux frères ont minimisé les liens qu'ils avaient avec lui.
L'incendie, qui a causé la mort de huit personnes, dont cinq de la même famille, s'est déclaré dans la nuit du 13 au 14 février 2022, dans une épicerie du centre de Saint-Laurent-de-la-Salanque, bourg de 10.000 habitants proche du littoral méditerranéen, avant de se propager rapidement aux habitations des numéros 9 et 11 de la rue Arago.
La famille résidant au-dessus du commerce a survécu, mais dans le bâtiment voisin, de jeunes parents de 20 ans ont péri avec leurs deux enfants de quatre et 18 mois, ainsi que le père de la jeune femme, tout comme trois personnes résidant dans d'autres appartements du petit immeuble.
Les enquêteurs de la section de recherche de Montpellier ont écarté l'hypothèse d'un incendie accidentel, des expertises ayant permis d'établir que de l'essence a été aspergée dans l'épicerie.
Cinquante-cinq personnes se sont portées parties civiles à ce procès.