Impôts 2026 : cette prime versée par votre entreprise n’est pas toujours exonérée
information fournie par aufeminin 19/05/2026 à 17:00

Shutterstock

Cette prime versée par l’entreprise peut sembler automatiquement exonérée. Pourtant, une décision prise au moment du versement change tout.

Chaque printemps, la déclaration de revenus fait ressurgir les mêmes hésitations chez les salariés qui ont touché une prime d’intéressement ou de participation. Beaucoup pensent que ces sommes échappent automatiquement à l’impôt. En réalité, tout dépend de ce qu’ils en ont fait au moment du versement. Une décision prise parfois en quelques clics peut changer complètement le traitement fiscal appliqué quelques mois plus tard.

Le placement, condition clé pour éviter l’impôt

L’épargne salariale repose sur plusieurs dispositifs mis en place par les entreprises pour associer les salariés à leurs résultats. L’intéressement récompense les performances ou les objectifs atteints, tandis que la participation redistribue une partie des bénéfices. Mais derrière ces primes souvent attendues se cache un choix important : récupérer immédiatement l’argent sur son compte bancaire ou le placer sur un plan d’épargne salariale. Et c’est précisément ce choix qui détermine si les sommes resteront exonérées ou non.

Lorsqu’un salarié décide de placer son intéressement ou sa participation sur un dispositif d’épargne dédié, il peut bénéficier d’une exonération d’impôt sur le revenu. Plusieurs supports sont concernés, comme le PEE, le PEG, le PEI, le Perco ou encore le PER collectif. Pour conserver cet avantage fiscal, certaines règles doivent toutefois être respectées. Dans le cas de l’intéressement, le versement doit notamment être effectué dans les quinze jours suivant son attribution. Les plafonds restent également encadrés : pour les sommes versées en 2025, l’exonération s’applique jusqu’à 35 325 euros, avant un relèvement à 36 045 euros en 2026.

Retirer son argent trop tôt peut coûter cher

Les gains générés par les placements peuvent eux aussi rester exonérés, à condition de demeurer investis sur le plan d’épargne concerné. En revanche, les prélèvements sociaux continuent de s’appliquer. Autre point essentiel : la durée de blocage. Un PEE impose généralement de conserver les fonds pendant au moins cinq ans, tandis qu’un PER collectif prévoit un déblocage au moment du départ à la retraite. Si les sommes sont retirées trop tôt sans raison valable, l’administration fiscale peut remettre en cause l’exonération obtenue au départ.

Certaines situations permettent néanmoins de récupérer l’argent de manière anticipée sans perdre cet avantage fiscal. Le mariage, la conclusion d’un Pacs, la naissance d’un troisième enfant, un licenciement ou encore une invalidité font partie des cas prévus par la réglementation. Ces événements doivent être justifiés auprès de l’organisme gestionnaire du plan d’épargne. Beaucoup de salariés ignorent encore ces exceptions alors qu’elles peuvent éviter une régularisation fiscale parfois coûteuse.

Déclaration 2026 : les erreurs à éviter avec l’épargne salariale

La situation devient bien différente lorsque le salarié choisit de percevoir immédiatement sa prime. Dans ce cas, les sommes versées directement sur le compte bancaire redeviennent imposables et doivent être intégrées à la déclaration de revenus, dans la catégorie des traitements et salaires. Le mécanisme est simple : seule la part placée sur un plan d’épargne conserve son exonération. Un salarié qui touche 25 000 euros d’intéressement mais décide d’en récupérer immédiatement 5 000 devra déclarer cette fraction au fisc. Ces montants seront alors soumis au barème classique de l’impôt sur le revenu.

D’autres dispositifs demandent aussi une certaine vigilance au moment de remplir sa déclaration. Le compte épargne-temps, par exemple, peut ouvrir droit à des exonérations spécifiques lorsque des jours de repos non pris sont transférés vers un Perco ou un PER collectif. Certaines indemnités issues d’un CET peuvent également bénéficier d’un traitement fiscal avantageux. Entre les plafonds, les délais de versement, les conditions de blocage et les cas de déblocage anticipé, les règles restent techniques. Avant de valider leur déclaration 2026, les salariés ayant perçu de l’épargne salariale en 2025 ont donc tout intérêt à vérifier précisément ce qui doit, ou non, être déclaré.